18 février, 2026 Par benzevy

COMMUNICATION DE L’EVÊQUE : CARÊME ET RAMADAN 2026

+Cristóbal, Cardinal López Romero, sdb
Archevêque de Rabat

Chers frères et sœurs,
Ce mercredi 18 février nous entrons en Carême et le lendemain nos voisins et amis musulmans et musulmanes entrent dans le mois de Ramadan.
Cette coïncidence de deux moments spirituels importants pour les chrétiens et les musulmans peut être une occasion favorable pour prier les uns pour les autres, pour nous rencontrer, faire des visitations, vivre des moments de partage, sous le regard du Dieu unique qui nous  invite à nous tourner vers Lui et  tisser des liens de fraternité.
Le Service diocésain pour l’Interculturel, l’interreligieux et l’œcuménisme met à votre disposition les documents ci-joints : des propositions pour nos communautés chrétiennes, un message  que j’ai signé, en français et en arabe, et un message plus court que chacun peut donner, comme il l’entend. 
A chaque paroisse, groupe, communauté de voir sous quelle forme le reproduire et le transmettre de manière à ce que des chrétiens puissent le donner largement de la main à la main à leurs voisins et amis musulmans.

Message de carême

Recommandation Service diocésain pour l'Interculturel, l'interreligieux et l'œcuménisme

Quelques réflexions à propos du Ramadan et quelques propositions pour vivre la coïncidence du mois de Ramadan et du Carême, en  cette année 2026

       Nous pensons que la coïncidence cette année du temps du Carême et de celui du Ramadan est une opportunité à saisir pour vivre des rencontres entre chrétiens et musulmans, pour échanger sur la dimension spirituelle de ces temps pour les uns et les autres, pour prendre des initiatives, vivre des visitations.

Un rappel : le sens du Ramadan vécu par les Musulmans

Le Ramadan est le nom du neuvième mois du calendrier lunaire, utilisé par les musulmans dans leur pratique religieuse. À ce mois est associée une adoration particulière : le jeûne qui constitue l’un des cinq piliers de l’islam. Le jeûne consiste à s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des relations intimes de l’aube au coucher du soleil. Pendant le mois du Ramadan, cette obligation s’appuie sur la deuxième sourate du Coran où Dieu dit : « Ô vous qui avez cru, nous avons prescrit le jeûne, comme on l’a prescrit aux communautés qui vous ont précédés. Ainsi, peut-être atteindrez-vous la piété. » (Coran, Sourate 2 Al-Baqarah – 183-184)

Quand on parle du jeûne du Ramadan, on fait généralement allusion à l’obligation légale du Coran, mais cette période comporte aussi une vraie dimension spirituelle : un jeûne intérieur, se rapprocher de Dieu par la prière et la lecture de Sa Parole : le Coran.

Ainsi, Kalilou Sylla, imam à Strasbourg dit : « Nous savons que nous n’allons pas manger ni boire, mais nous tentons aussi de nous détourner de tout ce qui n’est pas Dieu et de nous connecter le plus possible à notre Seigneur. Il s’agit donc vraiment de dépasser le seul jeûne technique, pour aller vers quelque chose de beaucoup plus spirituel. Nous avons la recommandation de multiplier les actes de bienfaisance et particulièrement de lire le Coran – qui a été révélé pendant le mois de Ramadan au prophète Mohammed – que nous pouvons lire entièrement pendant tout le mois.

[Le Coran est ainsi divisé en 30 sections pour une lecture complète en 30 jours. Les sections sont délimitées par ce caractère dans les impressions : ۞ ]

C’est aussi le mois qui permet de renforcer l’éducation spirituelle, dans laquelle doit se lancer tout croyant pendant sa vie : l’objectif est de se purifier autant que possible des défauts spirituels – comme la haine, la méchanceté, l’envie, l’avarice – pour se rapprocher autant que faire se peut de l’excellence – «al-ihsân», le « bel-agir », c’est-à-dire la meilleure manière de faire les choses. L’idée est de dompter son ego. »[1]

Ajoutons la notion de partage, déjà lors du f’tour ( rupture du jeûne) partager des dattes ou une boisson avec ses voisins de bus, de train, de quartier. Ce partage se fait aussi en particulier avec les personnes dans le besoin : c’est le sens de l’aumône du Ramadan.

Quelques propositions pour vivre ce moment spirituel commun

  • D’abord porter dans la prière cette démarche des croyants musulmans lors des différents moments de prière et de célébrations de ce carême ; les mentionner explicitement lors de prières universelles et le jour de la grande prière du Vendredi Saint. Rappelons l’inscription sur l’intérieur de la coupole de la basilique Notre-Dame d’Afrique à Alger : «  Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans ».
  • Répondre aux invitations à des repas de rupture du jeûne, f’tour, et pourquoi pas prendre l’initiative d’inviter à un f’tour à la paroisse, ou à Caritas, ou dans une CEB des ami.e.s musulman.e.s.
  • Dans le cadre de la dimension du partage commune au Carême et au Ramadan, imaginer une action de solidarité et/ou de service menée en commun par des chrétiens et des musulmans.
  • Réfléchir au geste de partage du Carême dans notre communauté et à qui nous pouvons l’adresser.
  • Prendre un moment d’échanges (AECAM, CEB….) sur la manière dont nous vivons le Carême et eux le Ramadan et conclure par un temps de prière ensemble mais chaque groupe à sa manière, et pourquoi pas par une rupture du jeûne partagée.
  • Inviter un musulman ou une musulmane à présenter le sens du ramadan pour une groupe de chrétiens, et leur dire aussi le sens que nous donnons au Carême.
  • Transmettre le message du diocèse de Rabat aux amis, connaissances musulman.es ;

Souhaiter une bonne fête, lors de l’Aïd el fitr (fête de la fin du mois de Ramadan). Le mieux n’est-il pas de le dire en arabe ? Au début ou en cours de ramadan :  Ramadan moubarak sa’id ou au moment de la fête : Aïd Moubarak sa’id .

[1] Carême, Ramadan, échanges entre sr Juliette Ploquin et l’imam Sally, « La Croix », 14 février 2024.