UNE MISSION ORIGINALE

Qu’elle est ma mission et comment vivre la foi chrétienne sur cette terre musulmane, étant assistant pastoral ?

Voilà, une grande question, abordée lors de la session de rentrée des assistants pastoraux. Tenue à Notre Dame de la Paix à Rabat du 4 au 6 septembre, cette session a accueilli huit assistants pastoraux. Trois anciens: Orivaldo, bissau-guinéen, de l’équipe pastorale de Casablanca, Phinalin, congolais, à la paroisse de Settat et Serge de la paroisse de Marrakech. Avec eux cinq nouveaux assistants: Armand Chanel, centrafricain, au service diocésain de la Pastorale des étudiants (AECAM), Géraud, béninois, à Meknès, en appui aussi au Centre culturel St. Antoine et dans l’équipe diocésaine de Communication, Marie-Ange du Burkina Faso, au service diocésain du Catéchuménat et de la Confirmation, Sylvie, togolaise, au service de la pastorale des étudiants (AECAM) et de l’aumônerie diocésaine des chorales, et enfin Yves, ivoirien, à la Cathédrale, coordinateur des lieux de vie des assistants pastoraux, Pôle Diocésain Servants de Messe et Liturgie.

Mission pastorale

Le rôle de l’assistant pastoral est un élément clé de la mission de l’Église au Maroc. Bien qu’il ne remplace pas le prêtre, il travaille en étroite collaboration avec l’équipe pastorale, dont il est membre, pour permettre à l’Église d’accomplir sa mission. Il dépend d’un prêtre qui fixe ses charges paroissiales, en fonction des besoins de la communauté chrétienne.

Il est important, ainsi, de bâtir une manière originale de faire Église au Maroc, plutôt qu’à l’image de notre Pays de provenance. En fait, la mission de l’assistant pastoral est d’être un “évangile vivant” envers ses frères musulmans, juifs et chrétiens. Il annonce le message de Jésus-Christ et se forme à la foi dans l’animation de la communauté chrétienne. Il consolide également l’unité de la communauté, en créant des liens forts entre les différents groupes de fidèles.

Les qualités à cultiver par lui seront l’écoute, l’adaptation, la souplesse, la patience et le dialogue. En plus de la capacité de travailler avec des personnes de toute culture ou confession religieuse, s’adaptant aux différentes situations.

 

Formation théologique

 L’ Institut Al Mowafaqa, créé en 2012 à Rabat, sera son lieu de formation. Pendant quatre ans il se formera en théologie, en dialogue interreligieux et interculturel pour la consolidation des liens entre les différentes réalités religieuses sur terrain. 

 

Son rôle, toutefois, n’est pas seulement la formation à l’Institut Œcuménique, mais aussi l’accompagnement des jeunes en collaboration avec l’équipe pastorale. Le directeur des études de cet Institut, Christophe Roucou, nous exhorte sur l’importance des études de théologie, de la langue arabe et de l’Islam. Enjeu fondamental, en fait, se révèle l’intelligence de la foi, qui nous est enseignée par des professeurs catholiques, protestants et musulmans, et nous permettra une grande ouverture d’esprit et de cœur.

Il sera exigé, toutefois, un sain équilibre entre les études et la pastorale, pour développer une compréhension plus profonde de sa propre foi et se preparer à la mission de leader de demain dans les communautés chrétiennes.

Ensuite, la rencontre avec un ancien assistant pastoral, Georges, apparaît à tous très enrichissante, permettant de mieux comprendre les défis auxquels nous serons confrontés dans l’avenir. “Soyez créatifs et apportez votre touche personnelle dans le plein accomplissement de vos tâches pastorales – ce sera sa fraternelle recommandation – Dieu nous accompagne toujours dans ce parcours qui parfois peut devenir lourd. Lui faire confiance à tout moment !”

Enfin, une rencontre est organisée avec les différents curés de paroisse auxquels les assistants sont assignés: occasion précieuse de faire une présentation et un échange sur la mission de chacun.

“Le parcours d’assistant pastoral  m’a grandi, épanoui, m’a fait découvrir à moi-même. Je suis pour toujours reconnaissant à Dieu de m’avoir permis cette belle aventure au Maroc!”  Les paroles intenses de Georges – à la fin, en s’en allant – résonnent bien dans notre esprit, nous accompagnant de bon gré chez nous. “Nous devons être des pêcheurs d’hommes et non pas des gardiens de l’aquarium,” comme prêchait Mike Francen.

Yves Ozigre