Synode Késako

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Vous avez dit synode ?

Synode romain sur la synodalité, synode diocésain sur le sens de notre Eglise au Maroc… Le terme de « synode » est omniprésent dans notre Église depuis quelques mois, mais savons-nous vraiment ce qu’il signifie ?

Une Église en marche

Comme le rappelle souvent le pape François, la dynamique synodale n’est pas une option pour l’Eglise, mais correspond à sa nature même. En effet, le terme « église » a pour racine grecque « ekklesia », ce qui signifie l’assemblée, la communauté. Dès l’origine, les chrétiens portaient donc cette conviction que l’on ne peut pas être chrétien seuls, isolés. Notre vie de foi implique une dimension nécessairement communautaire, comme nous l’enseigne Jésus : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Le concile Vatican II (1962-1965) a tenu à souligner cette dimension en définissant l’Eglise comme le « peuple de Dieu » (Lumen Gentium, §9). L’Eglise est donc l’héritière du peuple d’Israël, à qui Dieu a choisi de se révéler en premier, elle est le peuple de la nouvelle Alliance en Jésus. Il ne faut donc pas comprendre l’Eglise d’abord comme une institution, une hiérarchie avec ses différents degrés, ses organes de gouvernement et ses lenteurs administratives mais comme un peuple d’hommes et de femmes sauvés par le Christ.

Cette Église, instituée par le Christ, est une Église en marche, une Église vivante qui cherche le visage de Dieu au milieu de ce monde et qui se veut bâtisseuse du Royaume de Dieu. Le mode de vie, de gouvernance de l’Eglise doit donc concerner l’ensemble de la communauté chrétienne : c’est ce que recouvre le terme de synode, qui signifie littéralement en grec « marcher ensemble ». Faire synode c’est donc construire cette communion au sein de l’Eglise, redécouvrir que nous sommes un seul peuple uni par le Christ et guidé par l’Esprit Saint.

L’Église à la manière des Apôtres

Dans les Actes des Apôtres, Saint Luc nous décrit la manière dont l’Eglise vivait dans ses premiers temps, et comment elle a porté l’Evangile dans le monde entier. La communauté de Jérusalem, composée des Apôtres et des premiers croyants, incarne cette Église synodale que le pape François veut que nous retrouvions.

  • Une Eglise missionnaire, ouverte au monde

La mission était une nécessité pour ces premiers croyants, un jaillissement de leur cœur produit par l’Esprit Saint. Animés par le zèle de l’Evangile, ils ne pouvaient pas se taire, et se sont mis à sillonner les villes et les villages de Galilée, à l’image de Jésus lui-même. Leur marche s’est petit à petit éloignée de Jérusalem, pour atteindre la Samarie, territoire hérétique aux yeux des Juifs, la Syrie puis l’Asie mineure, la Grèce, et enfin Rome, soit le cœur du monde méditerranéen de l’époque. Au long de ces pérégrinations, les Apôtres et tous ceux qui les accompagnaient étaient habités par la Parole de Dieu et guidés par l’Esprit Saint. Leur marche était essentiellement un acte de foi, un chemin inconnu sur lequel ils s’engageaient sans savoir ce qui les attendait. De même que l’Evangile relate une succession de rencontres entre Jésus et les habitants de Galilée, Judée et Samarie, la propagation de l’Evangile par les premiers chrétiens passe d’abord par des rencontres qui transforment les deux protagonistes. D’un côté, quelqu’un accueille la Bonne Nouvelle du salut comme une réalité qui vient transformer sa vie. De l’autre, un croyant s’émerveille de l’action de Dieu dans les cœurs, qui dépasse de loin ce que des paroles humaines peuvent accomplir. Des deux côtés, c’est une croissance dans la foi et la certitude que Dieu marche avec nous.

  • Une Église dans laquelle chacun est acteur

Si le titre du livre de Luc met en lumière les actes des Apôtres, il apparaît cependant clairement qu’ils ne sont pas du tout les seuls protagonistes de la vie de l’Eglise. Prière commune, partage des biens, et même prédication… le salut offert par le Christ implique une conversion de tout notre être et tout notre agir, et les premiers chrétiens l’ont concrétisé en se faisant, chacun à sa manière, bâtisseurs du Royaume. Certes, tous ne sont pas appelés à prêcher dans les synagogues comme Paul et Barnabé, ou à guérir les malades comme Pierre dans le Temple. Saint Paul utilise donc dans ses épîtres la métaphore du corps pour décrire l’Église, pour souligner la complémentarité entre ses différents membres, et l’unité profonde qui règne entre eux. « Les dons de la grâce sont variés mais c’est le même esprit. Les services sont variés mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. » (1 Co 12, 4-6)

Ainsi, malgré la diversité des charismes et des ministères vécus, ce qui fait l’unité du peuple est sa foi en Dieu, concrétisée et reçue par le sacrement du Baptême : « En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. » (Ga 3, 28). Cette unité fondamentale est signe de l’égalité qui règne entre les croyants : devant Dieu, nous sommes tous ses enfants bien-aimés. C’est donc en tant que baptisés que nous sommes tous appelés à devenir acteurs. « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 14) nous dit Jésus !

  • Une Eglise à l’écoute de l’Esprit

La troisième caractéristique de l’Eglise à la manière des Apôtres est la place qu’elle laisse à l’Esprit Saint. Dans les Actes en effet, Luc souligne combien c’est vraiment lui le premier protagoniste de l’Eglise. Et cela se manifeste dans des situations extrêmement concrètes ! Paul découvre ainsi qu’il n’est pas maître de choisir ses propres destinations, il se redécouvre envoyé, c’est-à-dire apôtre en grec : « Paul et ses compagnons traversèrent la Phrygie et le pays des Galates, car le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la province d’Asie. Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa. (Ac 16, 6-7). Un travail constant de tout chrétien est donc d’apprendre à discerner dans les événements l’œuvre de l’Esprit. Paul aurait pu simplement essayer de chercher un autre moyen pour continuer sa route ; mais il apprend à se rendre disponible à l’Esprit, convaincu que c’est bien lui qui guide son chemin et celui de toute l’Eglise.

C’est toujours cet Esprit qui est présent à tous les moments décisifs de la jeune Eglise, depuis le moment fondateur de la Pentecôte : « Tous furent remplis d’Esprit Saint » (Ac 2, 4). De même lorsque la communauté se réunit pour instaurer les diacres au service des plus pauvres (Ac 6, 1-7), ou encore lors de la controverse au sujet de la circoncision des païens convertis, qui a donné lieu à l’Assemblée de Jérusalem. Cette Assemblée peut d’ailleurs être considérée comme le premier synode de l’Eglise : « les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Eglise » (Ac 15, 22). Après avoir prié et discuté, le compte-rendu de l’Assemblée souligne la place de l’Esprit Saint comme premier acteur de ce synode : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé […]» (Ac 15, 28).

Le synode depuis l’Antiquité chrétienne

Ces traits saillants que nous rapporte saint Luc à propos de l’Église des Apôtres ont contribué à faire du synode un mode de vie habituel pour l’Eglise du premier millénaire. Saint Cyprien, évêque de Carthage au IIIème siècle, appelait l’Église « peuple rassemblé par l’unité du Père, du Fils et du St Esprit » (Traité sur la prière dominicale). Alors que de multiples communautés ecclésiales cherchaient à proclamer leur indépendance, les Pères de l’Église ont toujours tenu à souligner cette unité de toute l’Église vécue dans la foi. Et cela se concrétisait déjà dans des démarches synodales qui pouvaient revêtir plusieurs formes. L’évêque d’un diocèse en tant que pasteur, a la prérogative de réunir son Eglise pour questionner toute la vie de la communauté, et aborder des sujets théologiques, moraux, pastoraux, sociaux…  Cette pratique était habituelle pour que chaque chrétien se sente concerné par la vie de sa communauté. Le plus ancien synode dont les actes ont été retrouvés remonte à l’an 220, à Carthage. Certains diocèses avaient même fixé une fréquence de deux synodes par an ! Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople au IVème siècle, allait jusqu’à écrire : « Eglise et synode sont synonymes » (Commentaire sur les Psaumes, §149)

Il n’est pas anodin de souligner la multiplication des synodes diocésains dans les contextes de persécution par les autorités romaines. C’est en effet dans les temps les plus difficiles de l’Eglise que celle-ci doit tout mettre en œuvre pour rester unie, se raffermir dans la prière et le soutien fraternel et décider ensemble de l’attitude à adopter pour faire face aux difficultés. Comme cela résonne avec ce que nous vivons aujourd’hui…

D’autres synodes, locaux, régionaux ou universels, réunissaient d’abord les évêques, dans un contexte de fortes querelles théologiques. Pour éviter la rupture entre plusieurs courants divergents, les évêques entreprirent ces synodes pour débattre ensemble, et c’est à travers ces synodes que la proclamation de la foi chrétienne, le Credo, s’est peu à peu construit. Les conciles œcuméniques, c’est-à-dire universels, sont la manifestation la plus forte de l’esprit de synode, depuis le concile de Nicée en 325, jusqu’à nos jours. D’ailleurs, le mot concile vient du latin concilium, qui est la traduction du grec synode !

UN SYNODE APPORTE RICHESSE ET DYNAMISME DANS LA RÉFLEXION

Le dernier concile œcuménique en date, Vatican II (1962-1965), a renoué avec une tradition synodale et a marqué son époque à travers un « esprit conciliaire » que l’Eglise redécouvrait. Le concile comptait en effet grand nombre d’invités hormis les évêques : théologiens, experts, religieux, mais aussi représentants d’autres religions… Le pape Paul VI, a alors pris conscience que l’Église redécouvrait son mode de gouvernance. Plutôt que de décider seul, aidé seulement de ses conseillers et de la Curie romaine, les quatre années du concile ont souligné la richesse et le dynamisme de l’implication d’évêques du monde entier, connaissant des réalités bien différentes du monde romain. Fort de cette conviction, il décide, au terme du concile, de rendre habituelle cette manière de gouverner. Il fonde donc le synode des évêques romains, qu’il faut bien distinguer d’un synode diocésain. Le synode des évêques est une assemblée d’évêques du monde entier, envoyés par les Conférences épiscopales de chaque pays, qui se réunissent généralement tous les trois ou quatre ans. Le pape choisit pour chaque session (qui dure environ deux mois) un thème particulier (théologique, moral, pastoral…) sur lequel les évêques sont chargés de réfléchir, d’échanger, de débattre, puis de présenter leurs conclusions au pape. Celui-ci s’inspire alors des réflexions des évêques pour écrire une exhortation apostolique sur le sujet en question, destinée à l’ensemble du peuple de Dieu.

 

Et aujourd’hui : changer l’Église ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise moderne, le pape étend ce processus synodal à toute l’Eglise, en choisissant comme thème du prochain synode des évêques, prévu pour 2023, Pour une Eglise synodale. Il s’agit donc de faire vivre cette démarche synodale à tous les chrétiens pour discerner les chemins de notre Eglise qui doit sans cesse se tourner vers le Christ.

L’Église est en effet appelée « sacrement universel du salut » par le concile Vatican II, c’est-à-dire qu’elle est chargée d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut au monde entier, elle est un don fait par le Christ au monde pour le sauver. Ainsi, l’Eglise ne peut en aucun cas être autoréférentielle : elle doit sans cesse être à l’écoute de Dieu et du monde, sans cesse se convertir pour ne pas voiler le message du Christ et pour être toujours plus capable de rejoindre ceux qui sont le plus loin d’elle. Parmi les défis du synode se trouve donc notre capacité à nous mettre à l’écoute des questionnements, des peurs, des préoccupations qui habitent nos contemporains, quelle que soit leur relation à l’Eglise. Comment l’Eglise s’adresse-t-elle à ces personnes ? Comment nous chrétiens pouvons-nous être des témoins vivants auprès d’elle ? « Pratiquer la synodalité est, aujourd’hui, pour l’Église, la façon la plus évidente d’être signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. »[1]

OSONS PRENDRE NOTRE PLACE

L’Esprit Saint continue de souffler et de porter du fruit dans notre Église, et c’est lui que nous voulons écouter, que nous voulons laisser agir à travers ce synode. Le concile Vatican II rappelle cette conviction que lorsque le peuple des croyants, habité par l’Esprit Saint, se réunit dans la prière et dans la communion, il ne peut se tromper dans la foi. C’est ce que les théologiens appellent le sens de la foi des fidèles (sensus fidei fidelium). L’Esprit ne parle pas qu’à travers les théologiens ou les évêques ! En commentant l’histoire de Balaam, dans le livre des Nombres (Nb 22), le pape François souligne le rôle de l’ânesse, qui empêche le magicien Balaam d’aller maudire le peuple d’Israël et manifeste ainsi la volonté de Dieu. « Même une ânesse peut devenir la voix de Dieu, ouvrir nos yeux et faire changer nos mauvaises directions. Combien plus un baptisé ? »[2] Osons donc prendre notre place dans ce processus synodal ! La grande question que nous pose le synode est : que dit l’Esprit à l’Église aujourd’hui ?

N’ayons donc pas peur de la nouveauté : l’Eglise ne vit pas d’une lettre morte, mais de la Parole de Dieu, vivante et agissante. A son écoute, et animée par l’Esprit, l’Eglise vit, grandit, change et se renouvelle mais demeure véritablement authentique car profondément unie au Christ. « La fidélité à la tradition ne consiste pas à adorer les cendres mais à préserver le feu », écrit Gustav Mahler. C’est bien là une conviction fondamentale de notre Église : notre foi grandit en s’enrichissant de notre connaissance du monde, de notre connaissance des autres, et par le biais de notre intelligence. Rappelons-nous qu’il a fallu près de quatre cent ans à l’Eglise pour qu’elle puisse formuler son Credo, et avec des termes grecs jamais employés dans la Bible, ce qui a pu choquer à l’époque. Nous n’aurons jamais entièrement saisi l’insondable mystère de Dieu, et la grande Tradition de l’Eglise est riche d’une multitude de manières de dire Dieu, de cheminer vers Lui, de parler de Lui…

SE METTRE ENSEMBLE A L’ECOUTE DE L’ESPRIT

L’Eglise doit donc apprendre à se reconnaître pèlerine, c’est-à-dire à être vivante, en chemin vers le Royaume de Dieu. Dès qu’elle s’arrête, elle emprisonne l’Esprit Saint et se vide de sa substance. Cependant, ne confondons pas le synode avec un exercice démocratique, ou des états généraux de l’Eglise pour que nous puissions écrire des cahiers de doléance. Car l’enjeu ne réside pas dans la confrontation d’intérêts contraires où la majorité gagne, ni dans l’habileté des débats, ou encore que chacun puisse donner son avis sur tous les sujets possibles. L’enjeu réel est que tous ensemble nous nous mettions à l’écoute de l’Esprit Saint et de nos frères. « N’éteignez pas l’Esprit, ne dépréciez pas les dons de prophétie ; mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bon, retenez-le. » (1 Th 5, 19-21).

Entrons donc tous ensemble dans cette démarche synodale, conscients que nous répondons d’abord à l’appel du Christ : « Suis-moi » (Mt 4, 9). Redécouvrons-nous membres de la même Église, du même Corps, coresponsables et solidaires dans la joie comme dans les épreuves, acteurs de la fraternité universelle. Et laissons-nous habiter par l’Esprit Saint, lui qui est la Vie que Dieu nous donne, n’ayons pas peur de nous laisser convertir et renouveler par Lui, mais qu’Il nous entraîne avec ardeur sur le chemin qu’est le Christ.

Encadré 1

Attribuée à St Isidore de Séville, évêque du VIIème siècle, cette prière d’invocation à l’Esprit Saint fut utilisée comme prière d’introduction pour de nombreux conciles, synodes et rassemblements d’Eglise. Lors du concile Vatican II, les évêques ont repris cette tradition et commençaient chaque session de travail par cette prière.

A l’occasion du synode romain sur la synodalité, le pape François nous invite à faire nôtre cette prière. Invoquons l’Esprit Saint pour qu’il puisse agir en nous et guider l’Eglise là où le Père nous attend.

Nous voici devant Toi, Esprit Saint;

en Ton Nom, nous sommes réunis.

Toi notre seul conseiller,

viens à nous,

demeure avec nous,

daigne habiter nos cœurs.

Enseigne-nous vers quel but nous orienter ;

montre nous comment nous devons marcher ensemble.

Nous qui sommes faibles et pécheurs,

ne permets pas que nous provoquions le désordre.

Fais-en sorte que l’ignorance ne nous entraîne pas sur une fausse route,

ni que la partialité influence nos actes.

Que nous trouvions en Toi notre unité,

sans nous éloigner du chemin de la vérité et de la justice,

en avançant ensemble vers la vie éternelle.

Nous te le demandons à Toi,

qui agit en tout temps et en tout lieu,

dans la communion du Père et du Fils,

pour les siècles des siècles, Amen

St Isidore de Séville (560-636)

 

Encadré 2

Avec le pape François : 4 verbes pour « faire synode »

 

Marcher :

De même que Jésus a parcouru à pieds les campagnes, déserts et villes de Terre Sainte, laissons Dieu venir habiter notre vie quotidienne et concrète. Notre vie chrétienne doit partir de là : Dieu n’est pas étranger à tout ce qui est humain, alors faisons-lui de la place dans tous les aspects de notre vie !

Rencontrer :

Comme Jésus, la marche doit nous entraîner à la rencontre. L’Evangile est rempli de récits de rencontres, qui nous apprennent tous qu’une rencontre peut changer une vie ! Faisons mémoire de notre propre rencontre avec Jésus, et apprenons à le rencontrer en chacun de nos frères. Risquons une rencontre vraie, sans formalisme, sans masque : elle peut certes remettre en cause nos certitudes, mais elle peut surtout permettre la communion des cœurs.

Ecouter :

L’écoute est une attentive chrétienne par exemple, trésor hérité du peuple juif (Shma Israël : écoute Israël) et reçu dans la tradition chrétienne. Mettons-nous à l’écoute de l’inquiétude du monde, des frères, des angoisses de chaque Église mais plus largement des peuples et des nations qui composent notre Terre. Notre écoute ne peut s’arrêter à la porte de nos églises, car nous sommes Eglise catholique, c’est-à-dire universelle, pour le monde entier ! L’écoute attentive, c’est la capacité d’accueillir l’autre avec toute sa différence, sans la nier, sans la juger. C’est une expérience de fraternité !

Discerner :

Le dialogue nous change ; les rencontres que fait Jésus dans l’Evangile le montrent bien ! Le fruit de toutes ces rencontres doit donc faire l’objet d’un discernement, être passé au creuset de la prière, résonner de la Parole de Dieu. Le synode n’est donc pas un simple colloque, mais est véritablement un processus de guérison conduit par l’Esprit Saint.

D’après l’homélie du pape François pour l’ouverture du synode, le 10 octobre 2021

[1] Document préparatoire pour le Synode 2023, §15

[2] Pape François, Aux fidèles du diocèse de Rome, 18 septembre 2021