LANCEMENT DU SYNODE DANS LE DIOCÈSE DE RABAT

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Le samedi 9 et le dimanche 10 octobre, le Pape François a ouvert officiellement le synode sur la synodalité dans l’Église. Le processus s’est ouvert le 17 octobre dans chaque Église particulière dont le diocèse de Rabat.

Tenu les 16 et 17 octobre à la maison d’accueil Notre-Dame de la Paix de Rabat, le week-end de lancement du synode a réunis 40 participants de 16 nationalités différentes dans ses locaux, parmi lesquels on peut compter les membres des conseils diocésains, membres du secrétariat général du synode, les délégués des comités paroissiaux et des invités notamment la révérende Karen Thomas Smith, présidente de l’Eglise évangélique au Maroc et le Pasteur Jean Koulagna, directeur de l’institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa.

Le programme proposé a permis aux participants de faire connaissance autour de la thématique Qui sommes-nous ? par groupe de 6 ; de méditer la parole de Dieu ensemble grâce à la lectio divina sur le texte de Ac 10 ; de travailler dans de nouveaux groupes sur dix thématiques sur la synodalité dont : Ecouter, Célébrer, Compagnon de voyage, Dialoguer dans l’Eglise et dans la société, Coresponsable dans la mission, Prendre la parole, Discerner et décider, Autorité et Participation et se former à la synodalité. Tout cela dans une ambiance de communion fraternelle, d’écoute mutuelle et de prière.

Trois témoignages parmi les nombreux recueillis auprès des participants vous permettront d’avoir un écho de cette première assemblée synodale.

Sr Elisabeth Robert, France (membre du secrétariat général du synode sous l’angle d’un regard externe au diocèse de Rabat): « Nous voici donc en synode, en marche « ensemble » à cause de Jésus et de l’Evangile ! J’ai rejoint depuis la France la première assemblée synodale, heureuse de pouvoir enfin rencontrer l’équipe du secrétariat et tous les membres de cette première assemblée dans leur si belle diversité (d’âge, d’expérience pastorale, de provenance géographique). St François avait coutume de dire que nous ne connaissons bien que ce que nous expérimentons. Avant de la proposer à l’ensemble des communautés chrétiennes du diocèse, nous avons donc tous expérimenté ce qu’est la dynamique du synode : des temps de rencontre interpersonnelle, de partage, d’écoute ensemble de la Parole de Dieu pour nous laisser transformer, éclairer par elle, pour discerner ce que le Seigneur attend aujourd’hui de nous et de notre Eglise, guidés par la rencontre de Pierre et de Corneille, telle que racontée dans le Livre des Actes des Apôtres.

Au moment même où toute l’Église universelle entrait aussi en démarche synodale, la fraternité simple et priante et l’engagement de tous les participants dans la démarche proposée ont nourri en moi une belle et forte Espérance. Le Seigneur est là et conduit son peuple. Il élargit l’espace de nos tentes et fait toutes choses nouvelles »

 

Alain Sina (président Aecam et délégué du comité paroissial de synode Oujda) : « La lectio Divina autour du chapitre 10 du livre des Actes des Apôtres a été un tremplin qui nous a permis de réfléchir autour des fondamentaux du synode, en ce sens que nous avons lu tout le chapitre à tour de rôle verset par verset ; ce qui signifie pour nous, la communion et la participation qui découlent du triptyque synodal : Communion – Participation – Mission.
Dans ce chapitre nous avons compris la démarche du synode qui est d’aller à la rencontre des autres.
Nous pouvons remarquer au verset 5, qu’il y a eu un collectif qui s’est mis en route pour aller
rencontrer Pierre à Jaffa et le faire venir à Césarée, ce qui traduit le  » le marcher ensemble et aller à la rencontre de l’autre ». Tout seul on n’arrive pas, nous devons miser sur la collectivité et toujours partager la vie que Dieu donne à toutes les nations, c’est ce qui fera de notre Église, une Église vivante qui n’est pas là pour elle-même mais pour le Royaume.
L’hospitalité des non-juifs ou l’hospitalité en général, nous a bousculé car elle revêt d’une grande importance, et est l’un des fondamentaux de notre Église et nous devons la mettre en œuvre chaque jour ; car ce que Dieu a déclaré pur, personne ne doit le déclarer impur, ni une chose, ni un humain
. »

 

Daniel Le Scoarnec (Assistant pastoral à Sainte Thérèse de Ouarzazate) : « Un petit mot pour dire la joie et l’étonnement de participer à ce week-end de lancement du synode 2021-2023 : la joie d’être intégré dans la réflexion de cette œuvre si importante pour le futur de notre église, l’étonnement d’écouter l’histoire de toutes ces vies, les unes disloquées, les autres faites d’effort et de don de soi, mais toutes construites sur l’amour du prochain.

J’aimerai féliciter Félix, Stéphane, Antoine et leurs équipes qui ont su faire de ce rassemblement de travail une fête et surtout de nous faire comprendre avec des mots simples la difficulté de la tâche qui nous attend pour mobiliser nos paroissiens et les intégrer dans cette réflexion synodale.

Après réflexion sur cette journée enrichissante, nos fidèles baptisés vont se réunir pour partager autour des thèmes qui permettront de trouver de nouveaux chemins. »

Pour terminer, empruntons les mots de Mgr Cristobal Cardinal Lopez Romero, archevêque de Rabat dans sa lettre au peuple de Dieu n°13 :

Le processus synodal est un chantier qui peut aller jusqu’à trois années, mais avec toute souplesse pour décider de ce qui sera la durée la plus convenable. Le poète espagnol Antonio Machado avait écrit : « ¡Caminante! no hay camino; se hace camino al andar” “Cheminant !, il n’y a pas de chemin ; le chemin se fait en cheminant ! »

 » L’objectif n’est pas d’atteindre un accord mettant en compétition des positions opposées, mais de cheminer ensemble pour rechercher la volonté de Dieu, permettant aux différences de s’harmoniser. La chose la plus importante est l’esprit du synode : se rencontrer avec respect et confiance, croire dans notre unité commune et accueillir la nouveauté que l’Esprit Saint voudra nous révéler. » (Pape François).

Georges Pascal Millimono