Dimanche 14 décembre 2025, nous étions une petite vingtaine à nous retrouver dans la bibliothèque du centre tenu par les frères franciscains au cœur de la médina de Meknès… pour, tout simplement, fêter Noël ensemble.
Au fond, ce mot de simplicité est sans doute celui qui exprime le mieux ce que nous avons vécu, tant il est simple et naturel pour des chrétiens de vouloir partager la magie et le mystère de cette fête où Dieu Se fait si proche, et tant il est simple pour des enseignants musulmans de s’associer à la joie de ceux avec lesquels ils partagent l’engagement solidaire au fil de l’année au service de tous ceux qui veulent apprendre mais qui n’ont pas de moyens.
Nous avons tous des idées (plus ou moins justes) sur l’autre et sur ce qu’il vit. Aussi, avons-nous essayé de faire ressentir de l’intérieur cette atmosphère si particulière à Noël qui a si peu à voir avec la fête commerciale qui s’étale sur les réseaux sociaux.
Les musiques de Noël au son du violon de frère Andréa et des notes prophétiques du père Mansour Labaki reprises par tous en arabe : « La nuit de Noël, la haine disparaît. La nuit de Noël, la terre refleurit. La nuit de Noël, la guerre est ensevelie. La nuit de Noël, l’amour grandit. »
L’espérance contagieuse de Noël où chacun peut souhaiter le meilleur, celui d’un monde en paix, mais aussi de vies trouvant enfin des horizons pour s’épanouir et donner le meilleur d’elles-mêmes dans une ville où les perspectives économiques sont si limitées.
Le goût de ces recettes de Noël venant de nos traditions, italienne, française, belge, allemande, américaine ou polonaise qui nous montrent la diversité de ce monde qui se retrouve autour de la crèche dans la joie du partage et de la fraternité.
Car, au fond, c’est peut-être cela que nous avons expérimenté en ce dimanche de la joie : que nous étions une même famille. Une famille dans laquelle chacun a la joie de partager ce qui le fait vivre aux autres sans peur que ce dernier ne le prenne mal ou qu’il ne se sente déstabilisé dans sa foi. Une famille où, finalement, un des enseignants s’écria qu’il faudrait rendre grâce à Dieu (faire une doua’), demandant à l’un des frères franciscains ou à l’ancien responsable local de la confrérie soufie de s’en charger : dans ce « l’un ou l’autre », tout était dit. L’important était de rendre grâce à Celui qui, de là-haut, devait se réjouir de ce qui se passait entre ses enfants, sans plus de question de préséance ou d’équilibre. Dans la simplicité d’un repas partagé aux saveurs d’eucharistie sur le monde.
Belle fête de Noël à tous!