A midi, restant à table un peu plus longtemps, dans le jardin sous une humble véranda, Gilbert vous ouvrira son cœur… Il racontera les petits ou grands miracles accomplis sans s’apercevoir, dans sa longue permanence marocaine. Oui, ils lui échappaient des mains tout naturellement, par son approche délicate, sensible, préventive à l’autre. Au pauvre, aux migrants, aux étudiants, aux associations, aux marocains. A tout venant en tout moment. Le portail de l’église était toujours grand ouvert, semblant dire : « Entrez, vous êtes chez vous! » En l’écoutant, il semble d’entendre Khalil Gibran: « Un jour tu me demanderas ce qui est le plus important, ta vie ou la mienne; je te répondrai la mienne et tu t’en iras, sans même savoir que c’est toi ma vie. »
Dans son conte il vous parlera de grands personnages, connus sur la scène de la vie diocésaine, des longues existences passionnées en terre d’Islam: Marc Beaurepaire, Michel Rondot, Joseph Lépine, Jo Mula, Jacques Levrat, Georges Couturier… « C’était le temps des mammouth » ajoute-t-il nostalgique, en souriant. Désormais on y reste quelques années, au Maroc. D’autre part, c’est vrai, « une vie sans souvenirs est comme une bibliothèque sans livres. »
Enfin, en vous laissant, ce grand homme de 84 ans lancera vers vous, énigmatique, un petit bout de sa sagesse hollandaise: « On ne maîtrise pas sa vie, c’est la vie qui nous aide à la maîtriser! » Dévoilant, ainsi, sa surprenante sérénité. Dans le monde d’Agadir.