{"version":"1.0","provider_name":"Archidioc\u00e8se de Rabat","provider_url":"https:\/\/dioceserabat.org\/accueil-2","title":"P\u00e8lerinage au dernier martyr de Tibhirine - Archidioc\u00e8se de Rabat","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"2T8seVA6tK\"><a href=\"https:\/\/dioceserabat.org\/accueil-2\/pelerinage-au-dernier-martyr-de-tibhirine\/\">P\u00e8lerinage au dernier martyr de Tibhirine<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/dioceserabat.org\/accueil-2\/pelerinage-au-dernier-martyr-de-tibhirine\/embed\/#?secret=2T8seVA6tK\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0P\u00e8lerinage au dernier martyr de Tibhirine\u00a0\u00bb &#8212; Archidioc\u00e8se de Rabat\" data-secret=\"2T8seVA6tK\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script>\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/dioceserabat.org\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/dioceserabat.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/pelerin4.jpg","thumbnail_width":1200,"thumbnail_height":1600,"description":"\u00ab\u00a0Simple, solennel, presque joyeux\u00ab\u00a0. Elle me raconte le rite d&rsquo;enterrement du p\u00e8re Jean-Pierre, le dernier moine survivant de Tibhirine. Anne m&rsquo;en parle avec une telle fra\u00eecheur d&rsquo;\u00e9motion, comme si c&rsquo;\u00e9tait hier\u2026 et cela fait presque deux ans. Chez toutes les personnes pr\u00e9sentes &#8211; avoue-t-elle, &#8211; il y avait la conscience, triste et sereine, d&rsquo;enterrer avec lui le dernier morceau de l&rsquo;histoire de Tibhirine. Deux \u00e9v\u00eaques, un couple d&rsquo;imams, quelques amis musulmans, des religieux et religieuses, des la\u00efcs et les moines du monast\u00e8re : c&rsquo;\u00e9tait un petit groupe. \u00ab\u00a0Cet homme simple, humble et doux nous a offert un moment de gr\u00e2ce, &#8211; poursuit Anne, &#8211; un \u00e9mouvant sentiment de communion\u00a0\u00bb. Il semblait, par cette occasion, qu&rsquo;il avait comme convoqu\u00e9 le monde dans un instant original de fraternit\u00e9. Pour moi, voici le souvenir que j&rsquo;en ai quand je venais, m\u00eame apr\u00e8s des ann\u00e9es, au monast\u00e8re\u2026 Il vous abordait doucement \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, il vous appelait par votre pr\u00e9nom, il vous annon\u00e7ait les derni\u00e8res nouvelles. Il composait, alors, devant l&rsquo;autel, un bouquet de roses du jardin et comme pour une petite manie, il en cueillait toujours&#8230; sept \u00e0 la fois! En hommage de la vie des sept moines martyrs. Ou, venant \u00e0 lui avec des groupes de jeunes, vous l&rsquo;entendiez donner un t\u00e9moignage toujours intense, profond et serein. Mais il avouait aussi son propre martyre. C&rsquo;\u00e9tait une question qui lui creusait l&rsquo;\u00e2me: \u00ab Pourquoi sont-ils tous partis et pas moi ?&nbsp;\u00bb Ses sept fr\u00e8res \u00e9taient des martyrs, bienheureux au ciel\u2026 et lui, il restait encore sur cette terre, avec le tourment de leur souvenir. Je me souviens encore de cette fois-l\u00e0, o\u00f9 je lui ai demand\u00e9 de me confesser. Il m&rsquo;a fait asseoir sur une chaise, il s&rsquo;est agenouill\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, humble comme un agneau, presque en disparaissant&#8230; Puis, levant sa main droite, bien haut, on ressentait comme si toute la mis\u00e9ricorde de Dieu se d\u00e9versait sur vous&nbsp;! Je me souviens quand le soir venu, au mois de Ramadan, au \u00a0\u00bb ftour\u00a0\u00bb, \u00e0 la rupture du je\u00fbne, on \u00e9tait invit\u00e9 chez les voisins avec les moines, et en trottant all\u00e8grement, lui en t\u00eate, nous partions pour un souper festif fraternel, chaque soir dans une maison diff\u00e9rente. Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e, les voisins avaient re\u00e7u des faveurs du monast\u00e8re&#8230; alors ils leur montraient, ainsi, leur reconnaissance, pendant la p\u00e9riode sacr\u00e9e du Ramadan. Un monast\u00e8re en terre d&rsquo;Islam est v\u00e9ritablement un pont entre cultures et religions diff\u00e9rentes. Ce n&rsquo;est pas un monde clos, un espace sacr\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 quelques-uns. Derni\u00e8rement, j&rsquo;avais rencontr\u00e9 encore une fois, bri\u00e8vement, Jean Pierre. Je lui demande quelle main le Pape lui avait bais\u00e9, lors de leur rencontre \u00e0 Rabat. Il me regardait, les grands yeux ouverts, il souriait\u2026 A 97 ans, il ne parlait plus. \u00ab\u00a0Si vous venez au monde en sachant que vous \u00eates aim\u00e9 et que vous le quittez en sachant la m\u00eame chose, alors tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 entre-temps en aura valu la peine\u00ab\u00a0, chantait Michael Jackson. Aujourd\u2019hui pour le saluer encore une fois, je me suis rendu dans un coin recul\u00e9 du monast\u00e8re. On est accueilli par un petit, pauvre cimeti\u00e8re, ravissant comme un jardin, entour\u00e9 en h\u00e9micycle par le vert reposant des cypr\u00e8s. Ils veillent sur huit tombeaux de moines et moniales: des pauvres monticules de terre, bord\u00e9s d&rsquo;une couronne de petits cailloux blancs, soigneusement choisis, comme des pierres pr\u00e9cieuses. Certains dessinent, aussi, une petite croix au centre. Des mains d\u00e9licates \u200b\u200bont compos\u00e9 tout cela avec amour. Oui, vraiment un po\u00e8me \u00e0 l&rsquo; essentiel de la fin de nos jours\u2026 Votre regard se pose alors sur une vieille chaise en bois, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la huiti\u00e8me tombe, la derni\u00e8re, celle de Jean-Pierre. Ainsi, elle vous invite \u00e0 rester ne serait-ce qu&rsquo;une demi-heure: des moments d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 en sa compagnie. Dans un dialogue silencieux avec celui qui est revenu comme terre \u00e0 la terre.&nbsp;Son \u00e2me est devenue pour toujours pri\u00e8re. C&rsquo;\u00e9tait son r\u00eave.&nbsp;Les moines en terre d&rsquo;islam, en v\u00e9rit\u00e9, sont appel\u00e9s \u00ab\u00a0priants parmi les priants\u00ab\u00a0. Apr\u00e8s tout, ici \u00e0 l&rsquo;ombre des cypr\u00e8s, on savoure la paix des saints. Et, dans la brise qui les caresse, la pr\u00e9sence du myst\u00e8re de Dieu. A c\u00f4t\u00e9 s&rsquo;\u00e9tend la tombe de S\u0153ur Adonai, une colombienne de plus ou moins 40 ans. Venue au Maroc, elle s&rsquo;est longtemps interrog\u00e9e, avant sa profession, sur le fait d&rsquo;y rester ou de retourner \u00e0 sa terre bien-aim\u00e9e.&nbsp;Finalement, apr\u00e8s une longue r\u00e9flexion tourment\u00e9e, elle d\u00e9cide de rester en terre d&rsquo;islam. Peu de temps apr\u00e8s, un accident la prend au s\u00e9rieux&#8230; Depuis, S\u0153ur Adonai, latino-am\u00e9ricaine, \u00e9pouse cette terre africaine, pour toujours. Enfin, les paroles du Cardinal Martini me viennent \u00e0 l&rsquo;esprit, l\u00e9g\u00e8res comme le vent : \u00ab&nbsp;J&rsquo;ai fait la paix avec la pens\u00e9e de devoir mourir, quand j&rsquo;ai compris que sans la mort nous ne pourrions jamais faire un acte de pleine confiance en Dieu\u2026 La mort nous oblige \u00e0 lui faire enti\u00e8rement confiance \u00bb. Ce sera, en fait, notre marche \u00e0 bras ouverts vers l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Que l&rsquo;on rencontre justement ici, en paix. R.Z."}