{"version":"1.0","provider_name":"Archidioc\u00e8se de Rabat","provider_url":"https:\/\/dioceserabat.org\/accueil-2","title":"JUG\u00c9S SUR L'AMOUR - Archidioc\u00e8se de Rabat","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"AKCLx0pA3F\"><a href=\"https:\/\/dioceserabat.org\/accueil-2\/juges-sur-lamour\/\">JUG\u00c9S SUR L&rsquo;AMOUR<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/dioceserabat.org\/accueil-2\/juges-sur-lamour\/embed\/#?secret=AKCLx0pA3F\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0JUG\u00c9S SUR L&rsquo;AMOUR\u00a0\u00bb &#8212; Archidioc\u00e8se de Rabat\" data-secret=\"AKCLx0pA3F\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script>\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/dioceserabat.org\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/dioceserabat.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Christ-migrant-noir.jpg","thumbnail_width":970,"thumbnail_height":750,"description":"Rabat. Une compassion \u00e9trange et immense, ce que je ressens. Le soir, lorsque je sors de la maison en fermant le portail, je jette toujours un coup d&rsquo;\u0153il au mur d&rsquo;enceinte voisin&#8230; Cach\u00e9 par les voitures gar\u00e9es sur le trottoir, accroupi comme un chien, je vois Ibrahim. Ou bien Mohammed avec un ami, ou Abdesalam\u2026 bref, de jeunes migrants subsahariens, peut-\u00eatre \u00e0 peine majeurs.\u00a0Ils ont un r\u00eave plein la t\u00eate, une id\u00e9e fixe bien ancr\u00e9e dans leur esprit : arriver en Europe.\u00a0Ils l\u00e8chent une bo\u00eete de sardines ou sucent un yaourt serr\u00e9 entre leurs mains : un d\u00eener bien mis\u00e9rable. Au contraire, ils ont faim et soif de dignit\u00e9. \u00ab\u00a0La dignit\u00e9 humaine a la particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre absente pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 elle est pr\u00e9sum\u00e9e \u00eatre pr\u00e9sente, et de toujours appara\u00eetre l\u00e0 o\u00f9 elle n&rsquo;est pas\u00ab\u00a0, note Karl Kraus. Cela ressemble \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 eux-m\u00eames, \u00e0 leur famille, \u00e0 leur peuple : entrer en Espagne, morts ou vifs, inchallah ! Ils attaquent dix, vingt fois les trois barri\u00e8res barbel\u00e9es de 7 m\u00e8tres et un syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 infaillible \u00e0 Ceuta. Rarement ils r\u00e9ussissent. Ils n&rsquo;ont rien \u00e0 perdre. Ils n&rsquo;ont qu&rsquo;un immense courage inconscient, une jeunesse \u00e0 donner en \u00e9change de la libert\u00e9. Pendant qu&rsquo;ils vous parlent, ils regardent tout autour, se m\u00e9fiant de tout. M\u00eame si le Maroc a la grande noblesse de permettre aux gens de vivre sur son territoire m\u00eame sans papiers\u2026 Voil\u00e0, des vies jeunes qui ne suscitent que de la compassion. Sachant que ce pays n&rsquo;est qu&rsquo;un couloir (o\u00f9 ils peuvent rester coinc\u00e9s pendant des mois ou des ann\u00e9es), mais ils viennent de loin, traversant le Niger, le Mali, l&rsquo;Alg\u00e9rie, les d\u00e9serts et les fronti\u00e8res. Ils vivent sous un soleil qui leur br\u00fble la t\u00eate et les \u00e9paules, cherchant un dirham dans la rue. Ils s&rsquo;approchent de vous, sans parler, un trait humble et suppliant grav\u00e9 sur leurs visages. \u00ab\u00a0Pour avoir de la dignit\u00e9, il faut traverser de nombreuses indignit\u00e9s\u00a0\u00bb. En fin de journ\u00e9e, ils trouvent dans leur poche la valeur de deux ou trois euros, parfois rien. Une vie errante qui n&rsquo;inspire que de la compassion. \u00ab\u00a0P\u00e8re, il n&rsquo;y a pas de choix !\u00a0\u00bb me disent-ils, convaincus et r\u00e9sign\u00e9s. Les convaincre de rentrer chez eux s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre une mission presque impossible : de toute fa\u00e7on, personne ne les attend l\u00e0-bas. En fait, personne ne veut les revoir. Comme une jeunesse maudite, oblig\u00e9e d&rsquo;aller de l&rsquo;avant contre vents et mar\u00e9es. Ils vivent, dorment, grignotent et se d\u00e9placent comme des animaux, visibles de loin \u00e0 cause de leur peau noire.\u00a0Ce sont aujourd&rsquo;hui les combattants de la dignit\u00e9 !\u00a0Pour une vie qui vaut la peine d&rsquo;\u00eatre v\u00e9cue. Et c&rsquo;est paradoxal. Ils savent qu&rsquo;eux-m\u00eames &#8211; jeunes en fuite depuis des ann\u00e9es &#8211; sont l&rsquo;espoir de leur propre famille ! Ils ne peuvent pas se permettre de renoncer. M\u00eame les \u00e9v\u00eaques \u00e9l\u00e8vent l\u00e0-bas la voix contre cette h\u00e9morragie de jeunesse qui d\u00e9serte leurs pays et les appauvrit. \u00ab\u00a0Faites des suggestions, proposez-nous des alternatives !\u00a0\u00bb interpellent les jeunes, mais sans r\u00e9ponse. En tant que missionnaire, nomade et migrant depuis plus de quarante ans dans diff\u00e9rents pays o\u00f9 l&rsquo;on parle fran\u00e7ais, anglais ou m\u00eame arabe en Europe et en Afrique, cela me serre le c\u0153ur. Ces jeunes combattants d\u00e9chirent mon esprit :\u00a0ils luttent contre les moulins \u00e0 vent de notre indiff\u00e9rence, pour la vie et pour la mort.\u00a0Je me donne du mal pour leur expliquer que l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas le pays des b\u00e9n\u00e9dictions. Je raconte ce que j&rsquo;entends de la part de jeunes S\u00e9n\u00e9galais, Togolais&#8230; arriv\u00e9s au-del\u00e0, dans mon propre pays, en territoire v\u00e9nitien. Arriv\u00e9s par mer, au milieu de mille vicissitudes, ils m&rsquo;appellent et me racontent. L&rsquo;autre jour, au t\u00e9l\u00e9phone, Mamadou m&rsquo;a cri\u00e9 : \u00ab\u00a0P\u00e8re, ici nous vivons comme des esclaves !\u00a0\u00bb Ils sont entass\u00e9s dans un \u2018\u2018camp\u2019\u2019, une grande maison ancienne, environ soixante-dix jeunes de diverses nationalit\u00e9s, dans des chambres de 9 matelas avec une seule toilette, leur permis de s\u00e9jour de courte dur\u00e9e presque expir\u00e9. La coop\u00e9rative les nourrit en d\u00e9chargeant la nourriture une fois par mois, qu&rsquo;ils doivent pr\u00e9parer eux-m\u00eames. Ils m&rsquo;envoient une photo d&rsquo;une ration mensuelle par personne : 5 pommes de terre, 3 oignons, 1 pot de sauce tomate, 1 litre d&rsquo;huile, 1 bo\u00eete de petits pois, quelques biscuits&#8230; pas de riz qu&rsquo;ils adorent, pas de fruits, pas de viande. \u00ab\u00a0Pour des jeunes qui mangeraient le monde !\u00a0\u00bb comme on dit chez moi. Je me souviens que mon grand-p\u00e8re paternel se souciait bien plus de nourrir ses animaux ! La logique de contr\u00f4le et de v\u00e9rification que je trouve \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger semble ici une utopie. Mais m\u00eame cela ne r\u00e9ussit pas \u00e0 convaincre nos jeunes migrants d&rsquo;abandonner leur projet. En fait, l&rsquo;autre jour, pendant leurs pri\u00e8res, ils \u00e9taient nombreux \u00e0 crier \u00ab\u00a0hourra !\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;un d&rsquo;entre eux avait r\u00e9ussi \u00e0 sauter en Espagne. Mais le dimanche suivant, ils feront \u00ab\u00a0le sacrifice\u00a0\u00bb pour Abdullah, 18 ans, disparu l&rsquo;autre nuit en mer. La nouvelle est tomb\u00e9e ici imm\u00e9diatement comme un \u00e9clair. Chacun apportera de quoi pr\u00e9parer un grand repas accompagn\u00e9 de quelques pri\u00e8res musulmanes.\u00a0L&rsquo;\u00e9migration est un ph\u00e9nom\u00e8ne individuel, mais aussi un fait collectif : ici, c&rsquo;est palpable.\u00a0En tant que missionnaire, l&rsquo;histoire des Mages me vient souvent \u00e0 l&rsquo;esprit. Apr\u00e8s avoir march\u00e9 sans fin par monts et par vaux, \u00e0 la poursuite d&rsquo;une \u00e9toile, ils ont partag\u00e9 avec joie leurs tr\u00e9sors.\u00a0L&rsquo;\u00e9toile pour ces jeunes, c&rsquo;est l&rsquo;Europe&#8230;\u00a0\u00ab\u00a0Parce que c&rsquo;est le pays o\u00f9 l&rsquo;on se respecte !\u00a0\u00bb\u00a0me lance l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. Je le regarde dans les yeux. Des yeux beaux et sauvages, d&rsquo;une jeunesse pi\u00e9tin\u00e9e sur sa propre terre : sans opportunit\u00e9s, sans travail, sans perspectives, sans avenir. Et leurs tr\u00e9sors ? Oui, leur jeunesse, la volont\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e d&rsquo;agir, l&rsquo;immense d\u00e9sir de tout migrant de r\u00e9ussir, de prendre sa propre vie en main, le sens de responsabilit\u00e9 envers la famille rest\u00e9e au pays et \u00e0 aider&#8230; Oui, parce que le miracle est accompli : enfin, ils sont arriv\u00e9s en Europe ! Cependant, lorsque leurs pr\u00e9sents nous parviennent, ils sont jet\u00e9s \u00e0 terre, jet\u00e9s \u00e0 la poubelle. Ils deviennent"}