Cinq raisons, une seule foi. En ouvrant la célébration, le Cardinal Cristóbal López Romero a d’emblée placé cette journée sous le signe de la plénitude : la joie de Noël, la fête de la Sainte Famille, le souvenir douloureux des Saints Innocents, la vie nouvelle de quatre baptêmes et, enfin, la clôture de l’année jubilaire.
Une Église « peu nombreuse, mais pas insignifiante »
La cathédrale était pleine à craquer. Une foule cosmopolite — jeunes et aînés venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique — illustrant parfaitement ce visage universel de l’Église de Rabat. Au son de « Vive Flame » l’hymne du Jubilé, puis du vibrant « Jubilez, criez de joie ! » repris en chœur par une assemblée exultante, la procession solennelle a franchi une dernière fois la Porte Sainte.
Ce passage rappelait les mots du Pape François lors de sa visite en 2019 : cette Église du Maroc, si elle est petite en nombre, refuse d’être « insignifiante ». Elle est ce sel qui donne du goût à la fraternité.
La fragilité comme chemin de Dieu
Dans une homélie percutante, le Cardinal a invité les fidèles à regarder la Sainte Famille non comme une image d’Épinal, mais comme une « famille réelle et fragile ». Entre exil en Égypte et menaces d’Hérode, Jésus a choisi d’entrer dans l’histoire par le chemin de la précarité.
Faisant écho au document de la CERNA (Pèlerins de l’Espérance), le Cardinal a dénoncé le drame des « innocents d’aujourd’hui » à Gaza, en Ukraine, en Somalie ou en République Démocratique du Congo. Face à la méchanceté et à l’indifférence, il a appelé à une indignation créatrice et à une protection active des plus vulnérables, à l’image de Saint Joseph.
« Nous pouvons perdre quelques matchs contre le mal, mais le Christ a déjà gagné le championnat ! », a lancé le Cardinal avec une métaphore sportive percutante, invitant chacun à devenir un « artisan de paix » au quotidien.
Le signe des baptêmes : Un nouveau départ
Le moment le plus symbolique de la célébration fut sans doute le baptême de quatre enfants : trois filles et un garçon. Alors que la Porte Sainte de bois allait être close, ces nouveaux chrétiens sont devenus les « portes vivantes » de l’espérance.
Leur entrée dans la communauté montre que l’espérance n’est pas une parenthèse qui se referme avec le calendrier civil, mais une dynamique permanente.
Cap vers 2050
Le rite final de la fermeture de la porte, bien que solennel, n’avait rien d’un point final. En synchronisation avec l’Église universelle qui fermera sa porte au Vatican le 6 janvier prochain, le diocèse de Rabat a transformé cette clôture en un envoi en mission.
La porte de la cathédrale est close, mais celle des cœurs reste ouverte. Pour les pèlerins d’espérance du Maroc, la marche continue, avec la certitude que le « trophée final » est déjà acquis. Rendez-vous est pris pour le prochain Jubilé, en 2050.