À la paroisse une communauté toute jeune, majoritairement des étudiants subsahariens, m’attendait chaque dimanche. Engagés dans des activités paroissiales comme le nettoyage de l’église, le lectorat, les services à l’autel, le chant … ils me montraient une belle communion entre eux, un vrai sens de l’unité. Cela se voyait, aussi, dans le partage fraternel après la messe avec l’apéro. C’était l’occasion, en fait, – tout en grignotant des olives ou des cacahouètes – de partager expériences de vie, sourires, commentaires qui nourrissent l’esprit et la relation.
La situation difficile des migrants est un refrain quotidien au sein de nos échanges à Settat, aussi bien à Khouribga. Ils ont en eux l’espoir déterminé et désespérant d’arriver en Europe. Mais il y a une chose d’eux qui me touche personnellement : leur propreté corporelle, la joie sur leur visage, la participation active à la liturgie. À côté de cela, il y a aussi leur mystère. A Khouribga, une jeune famille nous partage son projet : traverser le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et partir vers l’Europe. Se lancer dans la mer et tenter leur chance. Ce n’est pas trop osé pour une jeune famille avec les problèmes actuels de migration, les discriminations que l’on rencontre, l’argent à dépenser sans compter…? Je m’interrogeais. Depuis, la question me tourne dans la tête, incompréhensible, presque absurde… « Se perdre, c’est apprendre la route. » Ce dicton de mon grand-père me revient, dans ce cas, sans cesse… La route, évidemment, de la vie.
Les après-midis de samedi à la paroisse tout est organisé : le football est au rendez-vous. Alors, tous au stade pour le match, après le temps toujours d’entrer en contact avec les marocains, pour solliciter le terrain, le ballon et d’autres services. Ainsi, dans le jeu, migrants et étudiants subsahariens formaient un seul corps : j’en étais ravi! Le football en fait nous apprend à gérer nos émotions, à savoir travailler en équipe, à collaborer, à écouter les propositions des autres et à les appliquer.