Ton idéal sera, alors, le réel, le concret que tu vis déjà maintenant… Mais ce sera avec cette force d’aimer qui vient de Dieu et qui transforme tout. Oui, car elle ne parlera que de Lui et de sa façon de tout changer, non pas de l’extérieur, mais toujours en partant du cœur des choses… Si tu aimes vraiment tu ne peux pas t’empêcher d’être créatif. C’est comme quand tu changes de vêtements… tu le fais parce que tu aimes ton corps et le regard de l’autre qui se pose sur toi. La répétition, au contraire, qui devient banale, égale à elle-même, tue le goût des choses, surtout leur valeur intérieure. La répétition devient facilement stérile, automatisme superficiel… Après tout, il n’y a que les choses et les objets qui peuvent se répéter, s’accumuler ou se compter. Tandis que toi tu as un nom, un visage, un chemin qui sont uniques. Ta responsabilité et ta liberté feront de toi vraiment toi-même : pour cela tu pourras dire « je ». Mais celui qui dit « je » désire profondément pouvoir ajouter « tu » à quelqu’un. Ainsi, le visage d’un être humain rêve d’être devant un paysage, un sommet de montagne, quelque chose de beau, mais plus encore rencontrer un autre visage – la surface la plus expressive de la terre – afin de pouvoir s’exprimer. Et lire, en retour, l’expression de l’autre…
S’exprimer, c’est entrer en relation. Et la relation avec l’autre qu’on aime c’est comme vous serrer dans vos bras et tourner comme dans un tourbillon, une danse, qui embrassera tout. Danseront alors le ciel et la terre, les montagnes, les arbres, votre origine et votre destin dans un dynamisme jusqu’à alors inconnu. Et puis, tombant par terre sur l’herbe, vous direz enfin « nous ». Ainsi – ce n’est que lorsque vous saurez dire «nous » – que vous construirez ensemble un monde nouveau! »