L’histoire de la crèche prend évidemment racine dans l’évangile de Luc, qui décrit la naissance de Jésus à Bethléem. Marie, n’ayant pas trouvé de place dans la salle commune, a déposé son fils nouveau-né dans une mangeoire, appelée « praesepium » en latin, d’où le mot « crèche. » Mais la crèche, telle que nous la connaissons aujourd’hui, trouve son origine dans l’initiative de Saint François d’Assise à Greccio en 1223, où il a voulu recréer la scène de la Nativité avec des personnes et des animaux réels pour susciter l’émotion et la tendresse des fidèles. La crèche n’est pas un simple décor de Noël, mais un véritable « Évangile vivant » qui nous rappelle l’importance de Dieu dans notre vie. Elle nous invite à l’accueillir chez nous, à lui confier nos joies et nos peines, à partager avec lui notre quotidien. La crèche nous invite à contempler la proximité de Dieu, sa tendresse et sa compassion.
Aujourd’hui dans nos églises, les personnages des crèches sont bien souvent (très) anciens, de plus ou moins belle facture, mais auxquels les paroissiens tiennent beaucoup. Chaque année, on ressort le même plan pour installer la crèche. Et malheur si on y change quelque chose !
Mais alors, comment signifier l’Incarnation de Dieu dans le monde d’aujourd’hui ?
Beaucoup ont alors essayé de moderniser la crèche, de l’inculturer afin d’en rendre son message plus lisible et compréhensible. C’est d’ailleurs le cas sur la place St Pierre à Rome.
Mes premières années de ministère de prêtre, je les ai passé auprès d’un confrère qui, avec une équipe de laïcs, confectionnait chaque année une nouvelle crèche, en fonction de l’inspiration et de l’actualité. C’est probablement auprès de lui que j’ai pris cette habitude de renouveler les crèches de mes paroisses, au risque d’en choquer quelques-uns (ou beaucoup). Mais ce qui m’habitait, c’était que le message soit actuel et aussi percutant, pour sortir d’une habitude ronronnante qui ne disait plus rien. Dans les premières années, j’avais aussi la chance de pouvoir cheminer tout le temps de l’Avent avec les enfants du catéchisme, ce qui me permettait, lors de la messe de Noël des familles, de récapituler ce parcours, d’aboutir à la crèche et de permettre aux enfants d’y être présent par une petite réalisation. Par exemple, une année, chaque enfant a représenté son visage sur une petite pierre, alors que chaque personnage était une grosse pierre peinte pour l’occasion.