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» TAZERT : Après 40 ans de présence, les Soeurs nous quittent

TAZERT : LE MONASTÈRE DE LA VISITATION

Ce que furent nos 40 ans de vie à Tazert, quenousaimonsappeler< le Petit Désert rose>,
ont été préparées d'abord par une vocation singulière, celle d'une jeune lyonnaise < Clotilde
Vacheron>, convertie à 16 ans, saisiepar la contemplationde la Sainte Faceet la rencontre de
I'Abbé JulesMonchaninqui lui ouvrit I'esprit à une vision de l'Église et de sa mission,qu'on
peut qualifier de prophétique, bien avantle Concile Vatican II.

Puis ce fut la lecture de la vie du Père Charles de Foucauld qui la poussa à se rendre au
Maroc. C'est là qu'elle rencontra les Clarisses qui venaientfonder au Maroc.

Elle prit alorspart à la fondation du Monastère puis devint elle-mêmeClarisseet très vite
fut élue abbesse.Elle ne pouvait alors que transmettrel'esprit qui I'habitait et cela correspondait
à la soif de bien desjeunes, soif d'une vie de prière et de service dansce Maroc qui aspirait de
plus en plus à son indépendance.Nous prenions alors conscience,à la fois, de la mentalité
colonialisteet des droits et souffrances desmarocains.

Déjà, à Rabat, avecdesindults, quenos évêques nous accordaient avecbonheur,certaines
sæurs sortaient pour suivre des cours d'arabe. Les sæurscloîtrées et les sæurs externesétaient

mêléespour les offrces et toute la vie communautaire. Déjà nouspûmessoignerou nous occuper
d'enfants dans un enclos où les gens pouvaient entrer et les sceurs les y rejoindre : c'était la
clôture mineure.

En ï957,I'encyclique < SponsaChristi > demanda à tous les ordrescloîtrés de reprendre

une clôture stricte. Nous demandâmesalors un an de réflexion ; et à ce moment-même, un appel
de Terre Sainte, pour aider les Clarisses de Nazareth, nous donna I'occasion de faire le
pèlerinage,et là ce ffrt la rencontre avec l'Église Arabe Grecque Melkite Catholique. Or être
< chrétien et arabe >, c'était notre idéal...

Avec les bénédictions requises, nous sommes devenues membres de cette Égfise
d'Antioche, d'abord à Nazareth puis à Rabat puis en France.Nous adoptions le monachisme
oriental où la clôture n'est pasenvisagéede la même façonqu'en Occident.

C'est en 1970 que Mgr Chabbert,voyant que Père Abel et sesfrères,ne pouvaient plus
assumerleur présence en ce lieu, nous offrit Tazert.Pour nous ce ffrt une grandejoie. D'une part
le quartierdu Souissi, où se trouvait le monastèrede Rabat, sepeuplait de villas princièreset loin
des pauvres,d'autre part, nous avions toujours désiré fonder dans le Sud marocain. Père Abel
demeuraavecnous.A notre arrivée, s'ouvrait un dispensaire de la santé au village et derx de nos
sægrspurent y être mutées : SæurAnissa, infirmière et Sæur Anne-Marie, assistantesociale,et
celle-ci ffrt efficacementintroduite dans les familles grâceau PèreAbel qui avait la confiance des
villageois. Parallèlement,Sæur Yalla k'nun put former des filles du Douar à la couture et à la
broderiemarocaine.Enfin, un frère franciscainnousinitia à la < piene noire > et, surlout l'été, les
victimes de piqûres de scorpions et de serpents,frappaient au portail pour être soigner.. ' Ils
venaientparfois de très loin à dos d'ânc ou de mulet avecdes lampes et chez nous, même, il n'y
avaitpasd'électricité.

L'Hospitalité accueillait des retraitants et retraitantes; la prièreliturgiqueet le silence des
lieux,onttoujoursété très appréciés de nos amis. Nous en avions beaucoup et de plusenplus,dès
quePèreJean-Armel Besson s'est joint à notre Communauté.Il avait vécu à Taroudant, ffrt curé
de Manakech et connut aussi beaucoup dejeunesmarocains;pour eux, il cherchait du travail
auprèsde ses connaissances

qui,dans ce pays,étaient coopérants ouchefs d'entreprises.

Tout cela s'est vécu dans le sillage très humble du Père Charles-AndréPoissonnier,qui
ffrt le premieràplantersa tente et qui y mourutdu typhus en accueillantet soignait les pauwesen
tempsde famine. Il avait connu Mère Véronique de la Sainte Face, notre fondatrice et avait
assisté à sa bénédiction abbatiale.Notre vie était soutenue par la prière liturgique et
I'enseignement dans le monachismedes

de Pères de l'Église; nous avons puiséhumblement

Pèresdu Désert,primitif mais puissant; nous avons aussi puisé dans la culture pleine de
délicatessede nos chers villageois : leur sens de la rencontre,leur hospitalité, leur manière de
donneret de recevoir, leur réferenceà Allah en toutes circonstances et il y aurait des pages

d'anecdotesà écrire.

Les Moniales de Tazert

 

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