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» A la suite du Père Peyriguère : en quoi ou en qui mettons-nous notre confiance ?

Albert PEYRIGUÈRE (1883-1959) 

 

HOMELIE du Père Vincent Landel à la cathédrale de Rabat

pour le 50° anniversaire de la mort du Père Peyriguère

En quoi ou en qui mettons-nous notre confiance ?

En réfléchissant cette semaine avec un groupe de prêtres, de religieuses et de laïcs, à la vie du Père Peyriguère et à son message, nous avons mieux compris combien cet homme, dont la vie était toute centrée sur Dieu, s'était laissé transformer par cet amour de Dieu.

  • - Cet Amour de Dieu qui avait transformé son regard sur les autres,
  • - Cet Amour de Dieu qui lui faisait regarder les autres avec ce «regard aimant de Dieu»
  • - Cet Amour de Dieu qui le faisait agir pour soulager les misères qu'il rencontrait
  • - Cet Amour de Dieu qui lui faisait prendre la défense des petits

Il mettait toute sa confiance en ce Dieu Amour, tellement riche en tendresse et miséricorde.

Dans la première lecture  (1° livre des Rois (17/ 10-16), nous avons vu cette veuve de Sarepta, dans son dialogue avec le prophète Elie...un dialogue réaliste...un dialogue établi entre deux personnes de pays différents, de religions différentes...un dialogue qui s'établit sur une demande d'Elie « Apporte moi du pain » et cette veuve à qui il ne reste pratiquement plus rien...mais en répondant à sa demande, elle va lui faire confiance et en même temps elle fait confiance à ce Dieu qui permit « que la jarre de farine ne s'épuisa pas et que le vase d'huile ne se vida pas ». Serions-nous capable d'une telle confiance, dans le dépouillement ?

Cette confiance, en ce Dieu Amour, dans l'Evangile, le Christ nous invite à la contempler dans l'offrande de cette « pauvre veuve qui s'avança et déposa deux piécettes » (Evangile de Marc : 12/ 41-44) ; pratiquement tout ce qu'elle avait pour vivre. Par un tel geste, cette pauvre veuve se dépouille non seulement de ce qu'elle a. Elle abandonne même sa misérable sécurité. Désormais, elle ne peut plus s‘appuyer sur aucun soutien matériel.

C'est à Dieu qu'elle donne tout.

Elle a choisi de mettre sa confiance en Dieu seul !

Jésus invite ses disciples, et en conséquence, chacun d'entre nous, à s'émerveiller de cette générosité qui se pratique dans la discrétion.

Elle a tout donné !

Qu'il est beau ce regard du Christ posé sur l'acte de cette pauvre veuve ; ce regard qui ne s'arrête pas aux apparences ; mais ce regard qui est tellement rempli d'Amour qu'il sait comprendre toute la portée de ce geste.

N'avons-nous pas à nous rappeler que le Christ a aussi tout donné, jusqu'à sa propre vie pour manifester tout l'Amour dont le Père est capable, envers toute créature !

Comment notre regard pourrait-il être ce prolongement du regard du Christ sur l'humanité ?

L'Eucharistie que nous célébrons, réactualise sans cesse dans le temps, cet unique sacrifice du Christ. Elle est à vivre comme l'expression de l'amour que le Christ porte à son Père et à tous les hommes quelques soit leur culture ou leur religion. L'Eucharistie que nous célébrons n'est pas seulement un acte de communion ecclésiale ; elle est aussi un acte de solidarité avec tout le peuple qui nous accueille. N'est-ce pas ce qu'a voulu vivre le Père Peyriguère ; n'est-ce pas ce que nous sommes invités à vivre.

N'est-ce pas en vivant de la sorte que nous manifesterons que nous voulons faire confiance en ce Dieu Amour.

Cet acte de solidarité que nous voulons vivre dans l'Eucharistie, n'avons-nous pas sans cesse à le réactualiser car le monde change. Nous ne sommes plus en ce temps des grandes guerres mondiales, mais comme vient de nous le rappeler le Synode sur l'Afrique,

  • - La paix est loin d'être partout en Afrique et dans de trop nombreuses parties du monde
  • - La justice entre les nations et dans nos nations elles-mêmes est loin d'être vécue en vérité
  • - La réconciliation au cœur de nos vies n'est pas toujours une réalité!

En tant que chrétiens qu'allons-nous faire ?

Comme le Père Charles de Foucauld et le Père Albert Peyriguère, accepterons-nous de faire que nos vies soient transformées par l'Evangile ?

Accepterons-nous de vivre l'Evangile dans toute notre vie, familiale, sociale, économique, politique ?

Pourrons-nous vivre ces transformations sans mettre l'Eucharistie au centre de nos vies ?

Pourrons-nous vivre ces transformations sans mettre toute notre confiance en ce Dieu qui nous envoie servir le monde ?

                  

Père Vincent Landel, Archevêque de Rabat

8 Novembre 2009

                                     

AMEN

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