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» Jeunes Professionnels chrétiens

A l’initiative de la JICI et du MIAMSI, s’est tenu en juillet à Cotonou (Bénin), un « FORUM CITOYEN », pour les jeunes adultes professionnels d’Afrique.

Son thème :
« Promouvoir l’engagement économique, social et citoyen des jeunes cadres chrétiens en Afrique, à la lumière de l’enseignement social de l’Eglise ».
3 jeunes y représentaient deux équipes de "Jeunes Pros" présents actuellement au Maroc. » Voici l’interview publié (à leur retour) dans le bulletin diocésain

Y participer vous tenait a cœur ?

* Au niveau de notre groupe de Casa, la question de l’engagement dans la vie professionnelle avait souvent buté sur le fait que la production de richesse semblait incompatible avec la vie chrétienne. Comment créer des richesses tout en restant dans la longueur d’o nde de l’Eglise ? Le thème répondait donc à nos questions, nous qui envisageons de retourner au pays mais, vivant au Maroc, risquons de perdre de vue les réalités de chez nous.

* Nous avions eu quelques rencontres entre jeunes de Rabat. Nous sommes motivés sur des projets de vie, mais en ce qui concerne notre continent, Jeunes nous ne sommes pas convaincus de leur faisabilité, vu les risques, l’instabilité, le fait qu’il n’y a pas vraiment d’encouragement de la part des structures (cf. les banques pour les prêts). Personnellement j’avais abouti à la conclusion de travailler tout seul car je n’étais pas convaincu de la possibilité d’aller au-delà, c’est-à-dire d’évoluer dans un groupe où nous pourrions apporter beaucoup plus ensemble. A travers nos différentes réunions une lueur d’espoir était apparue et le thème du Forum venait précisément aborder cette question.

* J’avais besoin de rebondir pour faire face à la problématique du « retour au pays ». Voir comment inciter d’autres promoteurs à se lancer afin de retourner dans leur pays pour développer notre continent qu’est l’Afrique. A Cotonou, cette multitude de nationalités qu’on a côtoyées m’a permis d’avoir des échan¬ges d’idées, mon but a été atteint.

Vous avez donc trouvé des chemins ?

* Personnellement, à travers l’expérience des aînés, j’ai vu que c’est pos¬sible de faire beaucoup de choses sur notre continent. Par exemple, ce qui a marqué c’est la visite du « Centre Songhaï », un véritable phare prouvant que en Afrique on peut faire énormément. A partir d’un minimum, un demi hectare et une mobylette, ils en sont aujourd’hui à plusieurs centres. Ce qui est important pour le fondateur, c’est la formation des jeunes afin qu’ils puissent devenir en mesure de transmettre leur connaissance aux paysans de leur milieu.

* Sur le plan de l’espérance, ce centre nous a ouvert les yeux, le responsable nous montrant comment avec peu on peut commencer et arriver à réaliser un projet : « utiliser ce que nous avons pour réaliser ce que nous voulons » disait-il.

* Il y a aussi l’expérience de « Huenusu », une association du Bénin : ils arrivent à limiter la corruption sur leur milieu de travail. Il y a eu les expériences de personnes qui se sont engagées dans les élections, le cas aussi d’une agent des impôts confrontée dans son métier à des menaces, à la sorcellerie, en gardant sa vie de Foi, elle a pu s’en sortir.

* Tout cela nous a montré qu’il ne faut pas rêver les réalités ! Des exemples nous ont été donnés de gens qui sont partis d’un projet et d’une volonté de le réaliser, qui se sont confrontés à beaucoup de difficultés sur le terrain, tel que pas de financement ou pas de soutien. Une Table Ronde sur l’Economie a présenté trois personnes : une travaillant dans le public, une ayant monté un pressing, une s’étant battu pour s’affirmer dans son entreprise. On a entendu aussi comment un groupe de "Vie et Foi Miamsi" lutte contre la corruption au Bénin et comment un autre groupe du Mali a monté une association pour une formation des hommes politiques ...

Pourquoi cette référence à une Doctrine sociale de l’Eglise ?

* Lors de la messe d’ouverture on a reçu un document : « Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise ». A première vue on s’est dit : voilà encore un deuxième catéchisme ! Mais en le lisant ça aide à la réflexion dans notre contexte actuel où l’homme « image de Dieu » n’est pas reconnu comme tel : manque de respect, non redistribution des biens de ce monde, option préférentielle contre la pauvreté qui ne se fait pas. Comment développer cette conscience que la solidarité est un devoir à travers le souci du bien commun et de la subsidiarité. Avec ce « Compendium » nous avons les éléments clefs que contient la Bible : au centre c’est l’homme, et l’homme étant à l’image de Dieu autant on le respecte autant on respecte Dieu.

* Si, en tant que chrétien, nous voulons vraiment nous engager dans certains domaines tels que la production de richesses durables, il faut des repères pour ne pas nous écar¬ter du dessein d’amour de Dieu envers l’être humain dans sa totalité.

Vous avez créé un « Réseau » ?

* Il s’agit de « capitaliser » et pérenniser nos échanges ne les enfouissant pas dans nos souvenirs. On s’est donc dit : il faut continuer de nous soutenir en échangeant entre nous nos expériences locales. Le but de ce réseau en formation, c’est de partager à distances nos expériences dans cet esprit de promotion du « Développement durable »

* Cela voudrait permettre à des personnes de professions différentes, ayant donc des expériences différentes mais une même vision des choses (foi au développement du continent) de s’apporter les uns aux autres : conseil, assistance, afin de permettre à chacun d’évoluer dans ses projets.

* On peut résumer notre but avec cette conviction reçue à Songhaï : « une personne seule est une personne en danger ».

POUR PRENDRE CONTACT :
On peut s’adresser :
* au Père Daniel Nourissat à l’Eglise N.Dame à Casa...
* au Père Antoine Riobé à l’église cathédrale à Rabat...
ils vous mettront bien sûr en contact directe avec ces jeunes dynamques !