You are here

» Homélie de P. Vincent Landel pour la Clôture de l'année de la Miséricorde

Clôture de l’année de la Miséricorde…

18 Novembre 2016

Homélie de Mgr Vincent Landel

Cela peut prendre un sens encore plus fort de clôturer l’année de la miséricorde dans la cathédrale Saint Pierre et en présence des prêtres du diocèse de Rabat.

Prêtres, nous ne sommes pas là comme spectateurs, mais nous sommes là comme Ministres de la miséricorde et en même temps comme pécheurs qui avons besoin d’accueillir dans nos vies cette miséricorde de Dieu.

Il n’y a pas d’un côté vous qui reconnaissez n’être pas parfaits, vous qui criez sur le bord du chemin « Jésus regarde-moi, prends pitié de moi, accompagne moi », et nous qui serions des parfaits, des privilégiés de Dieu qui pouvons continuer notre chemin sans difficultés.

Il y a nous tous chacun avec notre vie, chacun avec notre histoire, chacun avec notre manière de rencontrer Dieu. Il y a nous tous qui avons conscience que nous avons besoin de la miséricorde de Dieu pour accepter de nous transformer, pour essayer de transformer notre regard sur les personnes et les événements, pour nous accueillir mutuellement malgré toutes nos différences humaines, culturelles, religieuses.

Ce signe de la cathédrale, Eglise-mère du diocèse ne veut-il pas manifester que nous voulons vivre cette clôture de l’année de la miséricorde non seulement en Église diocésaine, mais en Église universelle, en union avec notre pape François qui, rappelons-le a ouvert la première porte de la miséricorde à Bangui ?

Dans la cathédrale Saint Pierre, nous voulons aussi nous rappeler tout ce cheminement de cet homme, Pierre qui, au cœur de son expérience humaine ordinaire, s’est laissé transformer jour après jour par ce regard miséricordieux de Jésus posé sur lui, sur le bord du lac.

Cet homme qui a été appelé sur le bord du lac, au cœur de son travail. Sa rencontre avec Jésus a été un imprévu qu’il a accepté et par lequel il s’est laissé transformer. Il n’est pas tout d’un coup devenu parfait, mais il s’est mis en route en suivant ce quelqu’un Jésus, en qui il mettait sa confiance.

N’est-ce pas cette démarche que nous avons à vivre,
accepter de nous mettre en route,
 de nous remettre en route continuellement à la suite de ce Jésus
qui porte sur nous un « regard aimant » ?

Cet homme Pierre, qui malgré son reniement avant que le coq chante sortit et pleura amèrement. Il reconnaissait son péché. Malgré son péché, il reçoit la force de proclamer sa foi « Oui Seigneur, tu sais que je t’aime », et avec insistance, il le répéta trois fois jusqu’à comprendre que sa foi ne pouvait pas être quelque chose de superficiel, mais devait envahir toute sa vie, germer au plus profond de son cœur.

Oui Seigneur, tu sais bien que je t’aime

Ne sommes-nous pas invités sur cette même route :

-         

Pêcheurs, nous le sommes

-         

Pêcheurs repentis nous voulons essayer de l’être

-         

Croire que malgré tout notre cheminement, nous serons toujours aimés de Dieu ; n’est-ce pas ce que nous voudrions être en clôturant cette année de la miséricorde ?

Pêcheur repenti et pardonné, Pierre reçoit la responsabilité d’aller vers les autres, de devenir le chef de cette « Eglise en sortie ». Un chef non pas avec un pouvoir, mais un chef avec un tablier qui va, là où il est envoyé, construire « cet hôpital de campagne ». Ayant rencontré ce Jésus aimant, ce Jésus ayant un cœur ouvert à toute vie, il va en témoigner non pas seul, mais en Église, jusqu’aux extrémités de la terre.

Chacun d’entre nous ayant compris
jusqu’où pouvait mener la miséricorde de Dieu,
ne recevons-nous pas aussi la responsabilité de vivre
dans ce pays toutes nos rencontres avec un cœur renouvelé ?

Notre vie deviendra encore plus un évangile vivant. Notre vie deviendra encore plus le signe que cet amour que nous avons reçu, cette tendresse que nous avons goûté, nous ne pouvons pas l’enfermer dans notre « coffre-fort », mais nous devons la dire par toute notre vie.

Pierre transformé, renouvelé, ayant reçu la mission de confirmer ses frères ne sera pas encore devenu parfait. Il regarde dans le rétroviseur, et en voyant Jean qui le suivait, il posera à Jésus cette question : « Et lui, que deviendra-t-il… ». Alors Jésus va essayer de lui faire comprendre que ce qui est important c’est sa transformation à lui, Pierre « Peu t’importe, toi suis moi ». Oui, à la suite du Christ, il n’y a pas à essayer de faire des comparaisons, l’important est de répondre, en toute humilité à sa vocation. « Toi, suis-moi », sachant que pour y répondre, il y aura toujours ce regard aimant de Dieu qui sera posé sur nous.

Ce n’est pas notre perfection qui intéresse Dieu, mais c’est notre personne qui accepte de se laisser aimer et d’aimer les autres.

L’histoire de Pierre s’est terminée par une vie donnée au Christ.

Et comme nous le dirons à la fin de la célébration,
la fermeture de la porte de la miséricorde sera le signe
que nous voulons donner notre vie au Christ
en vivant de la miséricorde de Dieu,
en portant la miséricorde de Dieu autour de nous.

AMEN

Rubrique: