You are here

» Homélie du P. Vincent pour la Pentecôte 2017

Aujourd’hui, nous sommes invités plus que jamais à ne pas être spectateurs, mais à renouveler notre foi chrétienne en étant les témoins de la célébration du sacrement de confirmation que des jeunes adultes des paroisses Kenitra ont demandé de recevoir. Ils font partie des 85 jeunes adultes que je vais confirmer, dans leurs communautés respectives, d’ici la fin juin. Nous nous unissons à leur action de grâce, nous prierons pour eux, et en même temps nous pourrons nous poser la question « Qu’avons-nous faits de notre baptême et de notre confirmation ? »

Après avoir entendu le Christ nous dire dans l’Evangile « La Paix soit avec vous », et Saint Paul nous rappeler que « personne n’est capable de dire Jésus est Seigneur, sinon dans l’Esprit Saint 

Croyons-nous vraiment que le Christ est avec nous jusqu’à la fin du monde ?

C’est en écoutant Saint Paul nous rappeler « que les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous » que nous comprenons mieux.

Ces paroles furent dites aux apôtres, mais aujourd’hui d’une façon particulière à vous les confirmands, mais aussi à nous tous qui nous disons chrétiens.

Ces paroles sont fortes, car elles vont nous mener sur des chemins de conversion pour pouvoir mettre nos pas dans les pas de Jésus, pour pouvoir vivre dans notre quotidien toutes sortes de rencontres, pour pouvoir nous mettre au service de la société et de l’Eglise.Mais le pouvons-nous sans la grâce de Dieu, sans la force de l’Esprit Saint ?

N’est-ce pas tout le sens de ce sacrement de confirmation.

Et nous savons, par l’Evangile que le Christ, appelle les apôtres. Et il les invite à sortir en leur donnant sa paix, et en les envoyant vers les autres hommes. C’est ce que je vais faire tout à l’heure, au nom du Christ, je vais appeler chacun des confirmands par leur nom. Ainsi ils prendront mieux conscience qu’ils ne sont pas seuls, et que sur le chemin, qui peut parfois être semé d’embûches, le Christ sera toujours avec eux. Surtout qu’en fin d’Évangile nous avons entendu « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Il ne nous envoie pas seul mais en recevant la force de l’Esprit Saint.

Confirmands, je vais vous appeler, c’est en réponse à la lettre que vous m’avez écrite ; lettre dans laquelle vous m’avez exprimé votre parcours humain et chrétien, et dans laquelle vous me dites le pourquoi de votre démarche. En effet, vous constatez que votre vie n’a pas été toujours parfaite, et que vous avez eu de nombreuses difficultés. Mais, même si vous fréquentiez assez régulièrement l’Eglise, vous n’y trouviez pas toujours un sens ; c’est un peu par routine que vous avanciez, et même pour certains d’entre vous, vous avez abandonné pendant un certain temps.

Mais sur votre route, des témoins sont apparus ; pour certains ce sont vos parents qui vous permettaient de croire que l’Église avait un sens. Pour d’autres, ce sont des copains ou des copines qui vous ont permis de redécouvrir le chemin de l’Église et de Jésus Christ. D’une certaine façon, leur vie vous a marqué. La foi se vit, et se transmet, et cela depuis le début de l’Église. N’est-ce pas comme cela que les premiers disciples ont suivi le Christ ; même s’ils ont eu des moments de doute, même des moments de trahison…. mais pourtant ils sont allés jusqu’au bout pour reconnaître Jésus Ressuscité.

L’un d’entre vous m’a écrit « j’avoue que durant mon enfance, ce n’est pas le Dieu de Jésus Christ que j’ai appris à connaître, mais le Dieu du soupçon, le grand punisseur qui guettait mes péchés pour me les faire payer….Mais après ma conversion, j’ai réalisé que notre Dieu est un Dieu qui nous aime passionnément et qui ne cesse de se chercher des relais pour agir dans le monde. Et qu’il veut agir par moi aussi. Un Dieu qui est refuge de ceux qui répondent ‘me Voici’. Aujourd’hui, j‘ai découvert que la réalisation de soi vient d’un accueil de la grâce, au travail de Dieu en nous ».

Oui, si vous avez demandé à être confirmé, c’est que vous êtes entrés sur un chemin de conversion, et que vous croyez que Dieu n’attend pas que vous soyez parfaits pour commencer à vous aimer et pour vous inviter à cheminer avec lui. Quelqu’un m’a écrit, « C’est grâce à mes compatriotes, très engagés dans l’Église que j’ai pu me redresser activement et dès lors j’ai compris que rien ne pouvait, ni peut plus m’éloigner du chemin du Christ ; car malgré toutes mes difficultés et mes faiblesses, Dieu, par son Fils bien aimé, m’est toujours présent ».

Mais je vais vous appeler, non pas en mon nom personnel, mais au nom de l’Église, en union avec l’évêque de votre pays d’origine. Ainsi, c’est l’Église universelle qui vous appelle, surtout que rares seront ceux d’entre vous qui vivrez très longtemps au Maroc. C’est là où vous vivez aujourd’hui et où vous vivrez demain que vous aurez à témoigner de ce Jésus qui vous a choisi et que vous avez choisi de suivre.

Et c’est pour cela que vous demandez de recevoir l’Esprit Saint par l’imposition de mes mains et par l’onction du saint chrême que je ferai sur votre front. En effet votre quête du Christ n’est pas finie et vous croyez fermement qu’à la confirmation, l’Esprit vous donnera ses dons qui vous permettront de franchir un pas de plus dans votre foi pour continuer à mieux servir le Seigneur.

« Vous dites avec conviction que vous avez trouvée dans la Parole du Seigneur, un sens à votre vie. Dans son amour, refuge et espoir. C’est ainsi que vous avez rencontré le Seigneur d’une façon plus profonde. Et vous réalisez toujours plus combien Dieu vous aime, combien sa miséricorde est profonde et infinie ».

Et dans tout ce que vous m’avez écrit, je me permets de vous dire combien je suis émerveillé du fait que vous ayez fait tout ce parcours « chrétien » dans un pays musulman. N’êtes-vous pas ainsi un signe que les croyants, lorsqu’ils sont sérieux peuvent aider les autres croyants à vivre leur foi et même à approfondir leur foi. C’est vrai c’est l’Esprit Saint qui vous permettra de mieux approfondir votre foi, mais n’est-ce pas aussi les questions posées par vos amis musulmans qui vous ont incités à ne pas être tièdes dans votre foi. Et peut-être pour plusieurs d’entre vous, ce sont des musulmans qui vous ont permis de découvrir qu’une Église existait au Maroc.

Et en reprenant des paroles du Pape François à l’Université d’Al Azhar au Caire il y a quelques semaines, je vous confierai à tous, dans ces moments que le monde vit, cette triple responsabilité en tant que chrétiens, vivant au Maroc ou de passage :

« Le devoir de l’identité, le courage de l’altérité et la sincérité des intentions.

Le devoir d’identité. Car on ne peut pas bâtir un vrai dialogue sur l’ambiguïté ou en sacrifiant le bien pour plaire à l’autre.

Le courage de l’altérité, car celui qui est différent de moi, culturellement et religieusement, ne doit pas être vu et traité comme un ennemi, mais accueilli comme un compagnon de route, avec la ferme conviction que le bien de chacun réside dans le bien de tous ;

La sincérité des intentions, car le dialogue, en tant qu’expression authentique de l’humain, n’est pas une stratégie pour réaliser des objectifs secondaires, mais un chemin de vérité, qui mérite d’être patiemment entrepris pour transformer la compétition en collaboration ».

Rendu fort avec l’Esprit Saint, recevons ce message du Christ : « La paix soit avec vous !de même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

AMEN