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» Décès de Soeur Jeanne Godart, fmm

Sr. Jeanne Godart  - en religion, Jeanne Hermine

Elle est née à Colombes la Garenne (région parisienne) le 16 mars, 1921, l’aînée de 4 enfants.   Elle a fait des études de chimie pendant la deuxième guerre mondiale en allant à bicyclette pour faire des stages dans la Zone Libre.   Elle est entrée aux Chatelets en 1944 et a été envoyée au Maroc en 1947 comme jeune religieuse à Anfa où, pendant 2 ans, elle s’est occupée des orphelines.  En 1951 elle était envoyée à Taroudant jusqu’en 2006. 

Arrivée à Taroudant on compte sur elle pour créer un laboratoire d’analyse médical.   Peu de moyens mais beaucoup de créativité pour faire avec et le développer au cours des années.    Présence continue durant 55 ans temps héroïques : formation du personnel sur le tas ; pas d’école d’infirmiers, pas d’école de laborantins mais formation patiente, soutenue et énergique.  Les premiers laborantins sont issus de l’orphelinat heureux d’apprendre et de s’ouvrir au monde autre que l’orphelinat.  

La communauté compte un grand nombre de soeurs et il y règne un grand esprit de famille qui comble l’éloignement, le manque de communication et les blessures du typhus.    Esprit de famille en communauté, esprit de famille à l’orphelinat où les plus grands s’occupent des plus petits.     Les garçons d’un côté sous l’œil bienveillant du Père Marie Albert et le Frère Patrice, tous deux franciscains ; les filles de l’autre côté accompagnées par Sr. Joachin, Jordanienne, et Mère d’Avesnière, venue de Madagascar, après une longue expérience missionnaire.  

Tous grandissaient et s’affermissaient et Sr. Jeanne, avec ses soeurs, sitôt rentrées de l’hôpital assurent les gardes auprès des enfants et le dimanche, Jeanne leur faisait les projections de cinéma. 

Discrète et généreuse,  Sr. Jeanne a toujours fait face sans compter son temps.   Le laboratoire est la référence pour tous les dispensaires et hôpitaux de la région.   La médecine se développe dans ce coin perdu  les médecins coopérants viennent de France, de l’Europe de l’Est et mettent toute leur confiance dans les résultats de ce laboratoire où, peu à peu, les jeunes ont la possibilité de se former dans les écoles de la Santé Publique.  

Au moment de l’Indépendance du Maroc en 1956, les enfants sont envoyés à l’école publique.  La formation féminine accueille des jeunes filles de l’extérieur.   L’orphelinat accueille les enfants orphelins du séisme d’Agadir en 1962, mais après cette tragédie, le nombre d’orphelins diminuent et les soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie comprennent qu’il faut s’adapter aux évolutions du pays, la communauté se retire de l’orphelinat en 1972.

Les soeurs sont dispersées mais une petite fraternité s’ouvre toute proche de l’orphelinat géré par l’Etat Marocain.   Jeanne fait partie de la nouvelle communauté et continue de travailler à l’hôpital et visite, toujours en bicyclette, les anciens orphelins, maintenant pères et mères des familles répandus à travers la ville.

Elle prend sa retraite 1987.  Retraite? Non!  Elle continue de visiter les anciens orphelins toujours avec le souci de soutenir, d’aider à grandir et d’être avec.  En plus elle tricote  pour les enfants abandonnés  jusqu’en 2006 quand elle est envoyée à Marrakech.   

Pour la première fois dans sa vie, elle remplace la bicyclette par le bus mais elle continue à parcourir la ville avec le même désir d’aider, de servir à Caritas et, dans la paix, elle prend sa part dans les services communautaires. 

Tenace, endurante, discrète, généreuse avec un grand cœur, attentive aux plus petits, ouverte, elle ne perd jamais son temps !   Tous les matins elle donne les miettes aux oiseaux qui la visitent dans sa chambre, réveillée ou endormie.     

En 2016, c’est Anfa qui l’accueille et ce sont les anciens qui viennent la visiter.    Elle aimait beaucoup faire des SUDOKU et du Scrabble avec les soeurs de l’infirmerie pour faire marcher sa mémoire.    Son dernier jeu de scrabble eu lieu 5 jours avant de mourir.   

Que d’heures de solitude dans la prière à la petite chapelle où dans le jardin !  Le 30 juin elle s’en remet à Son Seigneur.  Merci et ADIEU, Jeanne !

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