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» Célébration de la fête de la Théophanie

 

Fête de la Théophanie à TAZERT

 

En Orient, l’épisode des rois mages, comme manifestation de l’incarnation aux nations fait partie des événements de Noël et de son mystère.

Le 6 janvier, on célèbre la Théophanie qui est la manifestation de la Sainte Trinité, dans l’événement du baptême du Christ.

Jésus, devenu adulte, se mêle à l’humanité pécheresse repentante en soif du Salut, qui vient vers Jean pour recevoir le baptême et être purifié des péchés.

A Noël, le verbe se fait chair. Il épouse notre humanité.

Au baptême, il épouse notre condition de pêcheurs et Saint-Paul osera dire « il s’est fait péché pour nous » et Jean le désigne comme l’agneau de Dieu qui porte le péché du monde.

Cette Kénose extrême et amoureuse attire l’amour du Père sur le Fils unique qui lui est consubstantielle et qui est désormais inséparable de l’humanité entière qu’il a assumée. Et toute la race humaine peut accueillir dans le Fils la voix du Père « Tu es mon Fils bien-aimé en qui je me complais » et l’esprit descend sous forme d’une colombe comme sur une nouvelle création. cf. Gen I 2.

Toute la rédemption est déjà réalisée en puissance en cet événement. Après cela, le Seigneur va accomplir pas à pas dans le temps, son chemin salvateur : l’annonce de la bonne nouvelle, La Croix, la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte et l’Eglise continuera.

Au baptême de Jésus, l’eau n’est plus seulement instrument de purification, elle y sanctifiée par l’Esprit, vectrice de l’Esprit-Feu et Vie.

Et c’est pourquoi ce jour-là, a lieu la bénédiction des eaux, l’invocation de la grâce de l’Esprit sur elles et par elles vont être bénis les sources, les cours d’eau, les puits, les maisons et toute la nature. En Orient, c’est le jour où les prêtres vont de demeure en demeure pour accomplir cette bénédiction.

À l’église donc, une grande jarre d’eau est préparée, au Narthex, c’est-à-dire le lieu qui précède le cœur c’est là que le prêtre va bénir l’eau.

Cela commence par une invitation « Venez, recevez tous, du Christ, qui est apparu, l’Esprit de la sagesse, d’intelligence et de crainte de Dieu. »

Et comme plusieurs fois dans l’office, on assiste à l’émotion du Baptiste « comment le lumignon éclairera-t-il la lumière ? Comment le serviteur portera-t-il la main sur son maître ? Sanctifie-moi ainsi que ces eaux ».

Et ce sont les lectures : tout va être recréé, revivifié, aussi Isaïe s’exclame : « que se réjouissent désert et terre aride, qu’exulte et fleurisse la steppe ».

Et de ses yeux de voyant, il contemple déjà les miracles du Sauveur : « alors, les yeux des aveugles se décilleront, les oreilles des sourds s’ouvriront, alors le boiteux bondira comme le cerf et la langue du muet criera de joie ».

Saint-Paul lui, nous rappelle la nuée, la mer où Moïse et le peuple furent baptisés et le rocher d’où jaillirent les torrents sauveurs et ce rocher était le Christ. 

L’Évangile nous fait entendre la voix amoureuse du Père et nous montre l’Esprit–Colombe.

C’est alors le moment favorable d’implorer la grâce sur tout le peuple et ses chefs, sur toute de la nature et surtout « que nous soyons illuminés de la lumière de la connaissance et de la piété, par la présence de l’Esprit. »

Alors va commencer la longue prière de St Sophrone, évêque de Jérusalem. Il est difficile d’en choisir les meilleurs extraits !

Après une supplication pour être rendu digne et pardonné, il expose le sens de la fête !

« En cette fête (Noël) qui vient de se terminer, nous t’avons vu enfant et, dans celle-ci, nous te voyons homme parfait et manifesté Dieu parfait d’une absolue perfection »

Puis c’est l’exultation, une louange cosmique

« Aujourd’hui nous sommes en fête.

« Aujourd’hui la grâce du Saint Esprit est descendue sur les eaux.

« Aujourd’hui le soleil sans déclin s’est levé et le monde est illuminé de la lumière du Seigneur.

« Aujourd’hui l’Incréé se fait volontairement imposer la main par sa propre créature.

« Aujourd’hui la terre et la mer partagent la joie et l’univers est en liesse

« Et nous arrivons au moment solennel : le prêtre souffle par trois fois sur l’eau en disant ces paroles efficientes :

« Toi donc Ô Roi qui aime les hommes, vient maintenant encore par l’effusion de ton Esprit saint et sanctifie ces eaux». Qu’il bénit par trois fois en faisant de la main un signe de croix dans l’eau.

Toutes les vertus de cette eau sainte sont énumérées et enfin l’officiant va plonger trois fois un cierge allumé dans l’eau disant : « Toi-même, maintenant encore Seigneur, sanctifie cette eau par ton Esprit Saint ».

Et il conclut « Donne à ceux qui y toucheront, s’en oindront, en goûteront, sanctification, purification et santé. Afin que par les éléments, les anges et les hommes, les être visibles et invisibles, Ton nom très saint soit glorifié avec le Père et l’Esprit maintenant et à jamais. Amen »

 

Alors chacun est invité à boire l’eau sainte et l’on peut se mettre en route pour la bénédiction de tous les lieux où nous vivons. La procession s’ébranle aux chants de la fête. C’est la joie et rien n’échappe aux aspersions bénéfiques, ni les voitures, ni les vélomoteurs, ni le chien, ni le chat !

Voyez comme est Bon le Seigneur, éternel est son amour !

 

Et voici le chant spécifique de la fête :

 

Dans ton baptême au Jourdain, Ô Seigneur, s’est manifestée l’adoration de la Trinité. Voici que la voix du Père te rendait témoignages te nommant Fils bien-aimé. Et l’Esprit sous la forme d’une colombe confirmait cette parole inébranlable. Ô Toi qui as paru et as illuminé le monde, gloire à toi !

 

 

 

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