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Homélies pascales de notre évêque

 

Le Père Vincent Landel

 

 

Veillée Pascale, Cathédrale de Rabat le 26 Mars 2016

 

Après ce temps de préparation du Carême, où nous avons pris les moyens d’approfondir et de purifier notre relation à Dieu, nous voici au cœur de cette veillée pascale. Nous nous sommes retrouvés autour du feu pour allumer le Cierge pascal symbole de ce Christ Ressuscité, qui voudrait être la lumière de notre vie, comme la nuée lumineuse fut le guide pour le peuple de Dieu dans le désert. Nous avons écouté des passages des Ecritures nous rappelant certaines étapes de la marche de ce Peuple au désert pour entendre en fin de l’Evangile : « Pourquoi cherchez-vous  le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité »

Comme les femmes, peut-être, nous sommes venus pour accomplir notre devoir envers un mort ; mais, alors que nous allons être tout à l’heure des témoins émerveillés du baptême de trois jeunes adultes de notre communauté, nous sommes invités à croire encore plus que Jésus est

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vraiment Ressuscité pour nous

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et qu’il est un Vivant qui nous appelle encore, aujourd’hui, à le suivre.

Ce Jésus a été une lumière pour les gens de son époque ; n’a-t-il pas été aussi une lumière durant toute l’histoire de l’Eglise. Et aujourd’hui, ne pourrions-nous pas dire d’une façon toute spéciale qu’il est une lumière par le biais de notre Pape François, qui par son enseignement et sa manière de vivre illumine tellement notre route au nom du Christ. En ce jour de Pâques, accepterons-nous de vaincre toutes nos peurs, tout notre regard pessimiste sur le monde pour nous dire que nous avons à être des témoins d’un Vivant qui pose sur le monde et les personnes un regard qui aime ;

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qui nous parle sans cesse de paix et de réconciliation,

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qui nous parle sans cesse de Miséricorde et de tendresse,

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qui nous invite tellement à aller à la rencontre de tous les autres quelque soient leur culture, leur religion ou leur nationalité.

Ce soir, avec la lumière qu’est le Christ, nous n’allons pas vers un tombeau vide ; nous allons à la rencontre d’un Ressuscité qui veut nous transmettre sa vie, non seulement à nous, mais à tous les hommes et les femmes de bonne volonté.

Et tout à l’heure, je vais bénir cette eau qui va couler sur le front de ces nouveaux baptisés. Ce n’est pas un geste magique que je vais accomplir, mais c’est pour nous l’occasion de nous rappeler toute la symbolique de cette eau qui un jour a coulé sur notre front.

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L’eau de la libération, comme le peuple Hébreux, traversant la Mer Rouge pour sortir de l’esclavage. N’est-ce pas l’occasion de nous demander de quels esclavages nous avons à nous laisser libérer.

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L’eau de la purification ; vivant au Maroc, nous savons ce que sont les ablutions que nos frères musulmans font avant d’entrer en prière. Ne pourrions-nous pas nous demander si nous n’avons pas besoin aussi de cette purification en acceptant d’accueillir la miséricorde de Dieu qui nous est proposée !

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L’eau de la vie ; nous nous en sommes rendu ces derniers mois, en voyant le sol se craqueler à cause de la sécheresse et tout d’un coup reverdir après ces dernières pluies. Nous laissons-nous irriguer par cette eau qui jaillit du Cœur du Christ, qui est tellement signe d’amour et de tendresse ! Notre vie chrétienne ne prend-elle pas sens à partir de tout cet amour que le Christ nous manifeste. Notre vie chrétienne se laisse-t-elle transformer par ce Christ qui nous manifeste son Amour extrême du haut de la Croix, comme nous l’avons vécu hier soir lors de la vénération de la Croix.

Et cette bénédiction de l’eau sera suivie du renouvellement de nos promesses baptismales. Mardi dernier, lors de la messe chrismale, les prêtres ont renouvelé leur engagement sacerdotal ; aujourd’hui, c’est à nous tous chrétiens et futurs baptisés de renouveler notre foi. Il ne s’agit pas simplement de recevoir le baptême, il faut en vivre, tous les jours de notre vie.

Qu’en cette veillée pascale, nous nous attachions toujours plus à faire communion autour de Jésus Christ et du Maroc. C’est Lui, Jésus qui nous a appelés et qui continuera à nous accompagner sur ces routes et dans toutes nos relations.

C’est pour cela que nous rendons grâce à Dieu.

                                                                                  AMEN

 

 

 

 

Pâques, 27 Mars 2016 à Casablanca

Après cette Semaine Sainte où nous avons essayé de mieux comprendre tout l’amour et toute la miséricorde qui jaillissait du Cœur de Dieu, nous voulons suivre l’exemple de Marie-Madeleine, de Pierre et de Jean qui nous entraînent « là où l’on a enseveli Jésus ». Ils sont allés voir, car ils ne pouvaient pas abandonner Celui qu’ils avaient suivi, qu’ils avaient aimé et qui les avait aimés, et qui avait tellement donné un sens nouveau à leur vie.

Suivons-les dans cet itinéraire de l’affection.

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Marie-Madeleine alla au sépulcre quand il faisait encore nuit mais son cœur la guidait ; le pardon reçu du Christ l’avait transformé

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 Pierre aussi fut guidé par son cœur, parce qu’il était celui qui, malgré son humanité, ses faiblesses, son reniement aimait le Christ qui lui avait dit qu’il devrait affermir ses frères, sans jamais le condamner ; n’est-ce pas un acte de confiance !.

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Et il en fut ainsi aussi pour Jean qui était attiré par son cœur, lui le disciple le plus aimé qui, à table, le Jeudi de la Cène s’était penché sur le Cœur du Christ, osant lui poser des questions.

A l’aube de Pâques, ce n’est pas par hasard si ceux qui se rendirent au tombeau furent aussi ceux qui avaient fait une expérience particulière de l’amour de Jésus. Marie-Madeleine, Pierre, l’Apôtre qui avait reçu les clefs de l’Eglise et Jean « le disciple bien aimé » furent les premiers à comprendre que l’amour avait vaincu la mort. Ils virent et ils crurent, même s’ils se demandaient : Où est le ressuscité ? Comment puis-je le rencontrer ?

Pour le rencontrer, il n’y a rien d’autre à faire que de se remettre en chemin, les femmes coururent avertir les apôtres ; les apôtres retournèrent vers leurs frères pour leur dire ce qu’ils avaient vu : un tombeau vide, mais qui signifiait tellement que Jésus était ressuscité.. Ils devenaient témoins de ce Christ Ressuscité qui les avait précédés car ils étaient redevenus des vivants, de peureux qu’ils étaient auparavant.

Depuis lors, et donc encore aujourd’hui, la foi des chrétiens se fonde sur le témoignage de ces sœurs et de ces frères qui ont vu la pierre du tombeau renversée, le sépulcre vide et ces mystérieux messagers qui affirmaient que Jésus, le mort crucifié, était ressuscité. Et puis le Seigneur et le Maître lui-même, vivant et palpable, est apparu à Marie de Magdala, aux deux disciples d’Emmaüs et enfin aux onze apôtres réunis dans le cénacle (cf. Mc 16, 9-14).

« Les apôtres ont fait l’expérience directe et extraordinaire de la Résurrection ; ils sont témoins oculaires d’un tel événement. Grâce à leur témoignage digne de foi, beaucoup ont cru ; et de la foi dans le Christ ressuscité sont nées et continuent de naître les communautés chrétiennes. Nous aussi aujourd’hui, nous fondons notre foi dans le Seigneur ressuscité sur le témoignage des Apôtres, arrivé jusqu’à nous par la transmission de l’Église ». Durant la veillée pascale des jeunes adultes ont été baptisés, n’est-ce pas parce qu’ils ont rencontré des témoins sur leur route, même au Maroc et que, au nom de l’Église, des catéchistes les ont accompagnés pour découvrir les Ecritures, afin de sceller une Alliance personnelle avec le Christ ?

Il est vraiment très significatif que le premier livre d’histoire chrétienne soit les « Actes des Apôtres » où l’histoire est racontée par des témoins directs et dignes de foi à partir de la victoire du Christ. Ces témoins ne sont pas de l’histoire ancienne ; nous en connaissons tous aujourd’hui, même si certains nous marquent plus que d’autres. Et aujourd’hui, nous pouvons nous rappeler d’une façon très particulières de ces sept moines de Thibarrine qui ont été enlevé il y a juste 20 ans : « Ils ont donné leur vie en 1996 par fidélité à l’Evangile, au nom duquel ils avaient choisi de faire alliance avec le peuple Algérien dont ils partageaient la vie »

Aujourd’hui, c’est à chacun de nous de continuer à « écrire ces actes des apôtres » parce que tout disciple du Christ est appelé à devenir témoin de la résurrection. Devenir témoin, par notre vie très concrète ; dans notre vie sociale, notre vie de travail, notre vie de loisir, notre vie familial….N’attendons pas d’être dans une situation idyllique pour devenir témoin. Aujourd’hui, c’est au Maroc que le Seigneur nous invite pour vivre la rencontre et un véritable dialogue de vie, en étant des hommes et des femmes de Dieu.

Et comme nos aînés l’ont fait, nous allons continuer à écrire de magnifiques pages de l’Histoire de l’Église sur cette terre marocaine.

                                                        AMEN

 

 

 

 

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