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» Homélie du P. Vincent pour Noël

 

 

En contemplant la Crèche avec vous, je me permettrai de reprendre les mots du Ministre des Habous : « En ces moments de renouvellement de l’espoir… nous implorons le Très haut de dissiper les confusions qui enveloppent le monde, en nous donnant la force et la patience de continuer à servir les gens et à accepter ces épreuves avec humilité ». N’est-ce pas beau, en ce jour de Noël, d’être invité par l’un des plus hauts dignitaires de l’Islam au Maroc à demander à cet enfant de la crèche la force et la patience pour continuer à servir les gens… avec humilité !

Comme nous y a préparé le temps de l’Avent, nous croyons que le Fils de Dieu vient dans le sein de la Vierge Marie pour devenir homme ; et elle l’a accueilli en disant à l’Ange Gabriel « Voici la Servante du Seigneur ». Ainsi Dieu s’est approché de l’être humain en prenant la chair d’une femme. Nous le contemplons, là dans la crèche, sous les traits de cet Enfant. Mais nous croyons que Dieu continue à entrer dans notre vie en nous offrant en don son Fils.

            Saurons-nous l’accueillir dans notre vie, le laisserons-nous s’approcher de toute notre vie, même si nous ne sommes pas parfaits, pour qu’à notre tour, nous puissions dire « Voici la Servante du Seigneur » ?

Marie, en s’offrant librement au Seigneur de l’histoire, lui a permis de changer le destin de l’humanité. Aujourd’hui, dans cette Crèche de Bethléem, Marie nous présente son Fils ; accepterons-nous qu’il puisse changer quelque chose de notre vie, en l’accueillant et en cherchant à le suivre tous les jours, quelle que soit notre responsabilité ? Marie, contemplant son enfant nous apparaît comme un modèle à regarder et un soutien sur lequel nous pouvons compter dans notre recherche de Dieu, dans notre proximité de Dieu, pour que nous puissions nous engager pour construire un monde de paix, de justice et de réconciliation, à partir des responsabilités qui sont les nôtres.

Mais à côté de Jésus, aujourd’hui, il y a aussi Joseph, qui a sûrement vécu un moment difficile au moment de l’accouchement ; en tant que responsable de la famille, il devait se demander ce que Dieu lui demandait en ce moment si délicat de la naissance ; mais c’est avant la naissance qu’il a dû se poser de nombreuses interrogations devant la grossesse de son épouse, nous dirions aujourd’hui des doutes. Mais en ce moment, plus que jamais, il se fie en Dieu qui se fait proche, et il entoure de toute son affection de papa cet enfant et son épouse Marie. En accueillant Marie, en réponse au songe qu’il avait eu il accueille consciemment et avec amour Celui qui a été conçu en Elle par l’œuvre de Dieu, pour qui rien n’est impossible. Ainsi en étant proche de son enfant qui vient de naître, nous sommes invités à contempler Joseph, homme humble et juste qui nous enseigne toujours à faire confiance à ce Dieu qui s’approche de nous. Joseph nous enseigne à nous laisser conduire par Dieu avec une obéissance volontaire.

Et comme nous le rappelle le Pape François, « Marie et Joseph qui ont accueilli Jésus dans la foi, nous introduisent au mystère de Noël. Marie nous aide à nous mettre en attitude de disponibilité pour accueillir le Fils de Dieu dans notre vie concrète. Joseph nous encourage à toujours rechercher la volonté de Dieu et à la suivre avec une confiance totale. Tous les deux se sont laissé approcher par Dieu. »

Après avoir contemplé cette crèche, pourrons-nous revenir chez nous comme avant ?

Aurons-nous accepté ce déplacement dans notre vie ; un déplacement qui nous fait croire que la naissance de cet enfant nous invite à nous lever et à nous mettre en marche, non pas n’importe comment,

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mais en mettant nos pas dans les pas de Jésus,

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mais en transformant notre regard sur les personnes et les événements,

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en acceptant que toute personne, quelle que soit sa nationalité, sa culture ou sa religion, soit aussi aimée de Dieu

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en croyant de plus en plus fortement que Jésus n’attend pas que nous soyons parfaits pour venir à nous et nous accueillir.

La crèche nous renvoie à notre vocation de Pèlerin

N’est-ce pas ce que nous invitent à vivre les bergers qui sont venus avec ce qu’ils avaient de plus précieux, leurs brebis. Ils se sont déplacés car ils ont cru à la bonne nouvelle annoncée par les anges « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur ». Dans leur pauvreté et leur humilité, ils ont obéi aux anges. Ils voient dans cet enfant la réalisation de la promesse et ils espèrent que son salut s’accomplira pour chacun d’eux. Ils se réjouissent quand ils reconnaissent dans cet Enfant le signe donné par les anges. Ils sont dans une dynamique de l’espérance chrétienne qui s’exprime dans la louange et l’action de grâce à Dieu.

Et nous disons avec le pape François : « En contemplant la Crèche, accueillons Jésus germe de l’espérance que Dieu dépose dans les sillons de notre histoire personnelle et communautaire. Chaque OUI à Jésus qui vient est un germe d’espérance. »

Et notre histoire, ainsi que l’histoire de notre Église n’est pas statique, elle répond à l’injonction du Pape François aux jeunes à Cracovie « Sortez de vos divans, et chaussez vos crampons » et vos baskets.

Alors après avoir contemplé cette crèche, ALLONS, l’humanité nous attend

                                                           AMEN

 

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